
Les bouleversements se suivent sur un rythme effréné dans l’affaire « Essebsi-Chiboub Gate », relative à la vente présumée des parts du gendre de l’ex-Président dans la société Voyageur Oil et Gas Corp à la compagnie pétrolière américaine Anadarko représentée en Tunisie par Slahedine Caïd Essebssi (frère de l’ex Premier ministre).
Après l’apparition de Darren Abderahim Stevenson qui a augmenté le flou et les suspicions avec ses accusations, et après la réaction de la société Voyageur qui est sortie de son silence ce matin pour indiquer que la vente à Anadarko est régulière, et que les parts de Chiboub sont confisquées en Tunisie et gelées au Canada et que Stevenson n’est ni directeur Général ni même un de ses actionnaires, voilà qu’un nouvel épisode de cette énigmatique feuilleton vient de surgir.
En effet, la Société Anadarko Tunisia Beks qui a conclu un accord farmout avec Voyageur pour acquérir le permis de Borj El Khadhra Sud a, elle aussi, réagi à travers un communiqué dans lequel elle nie avoir tout lien avec Chiboub, mais reconnait que Maître Salaheddine Caid Essebsi est son Conseiller Juridique en Tunisie et qu’elle a travaillé dans cette transaction.
Pour y voir plus clair dans cette affaire qui risque de tenir en haleine pendant très longtemps les Tunisiens, voici le communiqué d’Anadarko Tunisie :
« La Société Anadarko Tunisia Beks (Anadarko Tunisie) répond aux allégations faites récemment dans la presse au sujet du Permis de Recherche d’Hydrocarbures de Borj El Khadra Sud dans le Sud de la Tunisie (le Permis BEKS)
Le programme de recherches du Permis BEKS représente une excellente opportunité pour la Tunisie et pour Anadarko Tunisie, et nous avons pris toutes les mesures appropriées, transparentes et nécessaires pour faire en sorte que la transaction avec Voyageur Oil and Gas Corporation (Voyageur), qui a marqué notre retour en Tunisie, soit dûment autorisée par l’Etat Tunisien.
Tout au long de la procédure de la transaction, nous avons travaillé étroitement avec Maître Salaheddine Caid Essebsi, notre Conseiller Juridique en Tunisie, et avec les autorités Tunisiennes afin d’assurer que la transaction soit conforme aux lois tunisiennes en vigueur.
Pour référence, Anadarko Tunisie détient 36% des intérêts, droits et obligations dans le Permis BEKS. Ces droits, intérêts et obligations ont été acquis en Décembre 2011 de la Société Voyageur, laquelle continue à détenir 9% des intérêts, droits et obligations dans le permis. L’Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières détient les 55% restants.
Voyageur a entièrement divulgué à la Commission Tunisienne de Confiscation et la Direction Générale de l’Energie (DGE), de la totalité des actions que M. Chiboub détenait au capital de Voyageur par l’intermédiaire de la Société Mayodor Sarl (Mayodor– une société tunisienne), et de la Société Green Oil and Gas Corporation (Green Oil – une société constituée selon les lois de l’Etat de Delaware aux Etats -Unis d’Amérique).
La Commission Tunisienne de Confiscation avait, de son coté, déjà nommé un administrateur judiciaire pour Mayodor en Février 2011.
Au mois d’Août 2011, Anadarko Tunisie et Voyageur ont confirmé à la DGE et à la Commission de Confiscation Tunisienne qu’elles ne paieraient ni ne transfèreraient une partie quelconque du produit de la vente du Permis BEKS qui allait être payé par Anadarko Tunisie à Voyageur à Mayodor ou à Green Oil. Anadarko Tunisie n’a jamais eu l’intention de payer un montant quelconque ni d’accorder une contrepartie à M. Chiboub ou à toute autre personne ou entité associée à M. Chiboub.
De plus, Anadarko Tunisie n’a jamais eu de contacts avec M. Slim Chiboub et n’a jamais cherché à acheter ni à acquérir de toute autre manière ses deux sociétés, à savoir Mayodor et Green Oil.
L’Etat Tunisien (l’Autorité Concédante) représenté par le Ministère de l’Industrie en charge de l’énergie (DGE) de concert avec la Commission de Confiscation Tunisienne a donné par la suite son accord pour le transfert entre Anadarko Tunisie et Voyageur sous la stricte condition que la part du produit de la cession qui serait autrement attribuable à Mayodor et Green Oil soit gardée dans un compte bloqué en Tunisie.
Nous avons également confirmé que le montant correspondant se trouve à ce jour sous séquestre dans un compte bancaire en Tunisie, en attendant une décision valable des Tribunaux Tunisiens autorisant le déblocage des fonds en faveur de l’Etat Tunisien.
Nous voudrions continuer à travailler en Tunisie avec l’Etat Tunisien de manière transparente afin de garantir le succès de ce projet. »
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