À l’occasion de la réception organisée le 14 juillet à la résidence de France à La Marsa, l’Ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a dressé un bilan des relations franco-tunisiennes, qui célèbrent cette année leur 70e anniversaire, tout en réaffirmant les priorités de la coopération bilatérale et les positions diplomatiques de la France sur plusieurs dossiers internationaux.
Ouvrant son allocution, l’ambassadrice a rappelé la portée symbolique de la fête nationale française, placée sous les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, qu’elle a présentées comme des principes universels trouvant un écho particulier en Tunisie, pays « à la croisée des routes méditerranéennes, arabes et africaines », dont elle a salué la résilience face aux défis contemporains.
Anne Guéguen a rappelé que cette célébration intervient à l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Tunisie, nouées après l’indépendance du pays le 20 mars 1956. Elle a qualifié ces relations de « remarquable stabilité », estimant qu’elles reposent sur une volonté commune de dépasser, « de manière lucide et apaisée », les injustices et les souffrances du passé colonial.
L’ambassadrice a insisté sur « la volonté de bâtir un partenariat d’égal à égal, fondé sur le respect, l’écoute, le dialogue et la souveraineté de chacun ». Elle a souligné que la France, comme l’Union européenne, « respecte pleinement les choix souverains de la Tunisie et défend une coopération mutuellement bénéfique », en référence au sommet Africa Forward organisé à Nairobi en mai dernier.
Elle a également présenté la France et l’Union européenne comme des partenaires « fiables, constants et prévisibles », soulignant que leur proximité avec la Tunisie constitue un atout dans un contexte marqué par la réorganisation des chaînes d’approvisionnement, la transition énergétique et les impératifs de sécurité.
Sur le plan économique, Anne Guéguen a mis en avant la solidité des échanges entre les deux pays. « En 2025, l’excédent commercial de la Tunisie avec la France a dépassé les 3 milliards d’euros, contre 2,4 milliards d’euros de recettes touristiques« , a-t-elle souligné. Et d’ajouter: « les entreprises à participation française emploient près de 170 000 personnes en Tunisie, confirmant le rôle de la France comme premier partenaire économique du pays« .
Les échanges dans les domaines de l’éducation et de la mobilité demeurent soutenus. « Près de 20 000 élèves sont inscrits dans les établissements du réseau d’enseignement français en Tunisie, tandis que 16 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études supérieures en France. « , a précisé l’ambassadrice, qui a plaidé pour une mobilité favorisant les échanges humains et les perspectives offertes à la jeunesse.
« Pour la jeunesse, talentueuse, exigeante, qui veut des perspectives, en Tunisie comme à l’international, notre responsabilité collective est d’ouvrir des horizons, en facilitant les mobilités – et je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000 visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir« , lance-t-elle.
Elle a également salué le rôle de la communauté tunisienne et franco-tunisienne vivant en France, estimant que cette biculturalité constitue « un pont formidable entre les deux rives » et l’un des principaux vecteurs du rapprochement entre les deux pays.
L’ambassadrice a présenté plusieurs initiatives menées dans le cadre de la coopération bilatérale. L’Agence française de développement (AFD) finance notamment la construction de deux nouveaux hôpitaux à Gafsa et Sidi Bouzid, ainsi que la modernisation des Instituts supérieurs des études technologiques (ISET). Elle a également évoqué l’inauguration récente des centres ELIFE à Sidi Bouzid et Tozeur, réalisés avec la Fondation Tunisie pour le Développement et des partenaires allemands afin de renforcer l’insertion professionnelle des jeunes.
Anne Guéguen a également mis en avant les projets consacrés à la gestion durable des ressources en eau, au développement des énergies solaire et éolienne, ainsi qu’à la transition numérique. Elle a salué, à ce titre, le succès du Forum méditerranéen de l’intelligence artificielle organisé en novembre dernier avec le ministère tunisien des Technologies de la communication.
Selon elle, « ces projets répondent aux priorités de développement des régions et de justice sociale fixées par les autorités tunisiennes, tout en mobilisant des acteurs comme l’Institut français de Tunisie et Expertise France, qui a célébré récemment dix années d’activité dans le pays« .
Abordant la situation internationale, l’ambassadrice a souligné que la France poursuivait une « diplomatie de la souveraineté » fondée sur le respect du droit international, de l’égalité entre les États et de la recherche de la paix. Elle a rappelé que la France avait reconnu l’État de Palestine, réaffirmé son soutien au Liban et à l’Ukraine, tout en appelant à la défense des droits du peuple palestinien, au respect des droits de l’homme, de l’État de droit et de la sécurité juridique.
Anne Guéguen a enfin estimé que la France et la Tunisie partageaient les mêmes défis en matière de climat, d’énergie, de santé, de sécurité et de migrations. Elle a plaidé pour une coopération renforcée face aux mutations géopolitiques, estimant que le repli sur soi ne constituait pas une réponse aux défis contemporains et que les mouvements migratoires, lorsqu’ils sont régulés et accompagnés, pouvaient contribuer au développement des deux rives de la Méditerranée.
Concluant son intervention, l’ambassadrice a réaffirmé son attachement personnel à la Tunisie et à son peuple. « L’amitié entre la France et la Tunisie ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, par des actes », a-t-elle déclaré, avant de conclure : « Vive la Tunisie, vive la République, vive la France et vive l’amitié tuniso-française. »
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