Le chef de gouvernement désigné, Habib Essid consulte tout azimut. Il s’est entretenu, hier, successivement avec une délégation du mouvement Ennahdha conduite par son président Rached Ghannouchi et avec des représentants de l’UPL conduits par le président du parti Slim Riahi. Aujourd’hui, il tiendra une réunion avec le Front populaire.
Même si les déclarations des uns et des autres sont restées vagues pour ne pas dire superficielles et à la limite du la langue de bois, on sait que le mouvement islamiste a été sollicité pour participer au gouvernement et que des noms ont, même, été proposés. Rached Ghannouchi qui a été, personnellement, consulté pour le choix du successeur de Mehdi Jomaa à la Kasbah a eu plus d’un entretien en tête à tête avec Béji Caid Essebsi avant et après l’investiture officielle. On sait, également, qu’Ennahdha a émis le souhait de voir les ministères régaliens, du moins l’intérieur et la justice, aller à des personnalités indépendantes. On sait, enfin, que le mouvement est contre toute sorte de « nettoyage » dans l’administration et les entreprises publiques.
Par contre, l’UPL, comme troisièmes force politique, a été parmi les premières formations à avoir annoncé sa décision de soutenir Béji Caid Essebsi et son désir de faire partie du gouvernement. Le parti de Slim Riahi a une préférence pour les ministères économiques et il parait, même, qu’il a déjà jeté son dévolu sur les finances et le commerce proposant des noms qui, d’après lui, sont capables d’assumer les fonctions de ministres.
Reste le Front populaire qui a, déjà, fait savoir sa position concernant la nomination de Habib Essid, qui a travaillé dans les gouvernements de Ben Ali et de la troïka. Il pose des conditions qui pourraient ne pas être acceptées ni par le Président de la République, ni par le Chef du gouvernement, ni encore par Nidaa Tounes. D’ores et déjà, Hamma et son Front se sont rangés dans l’opposition. Comme toujours !