Dans un message publié sur son compte X, Jean-Luc Mélenchon affirme que le dirigeant de gauche tunisien Hamma Hammami est « menacé de mort et harcelé », appelant les autorités à garantir sa protection et à sanctionner les auteurs de ces menaces. Le leader de La France insoumise souligne également que « la Tunisie est notre amie » et que « cette violence reste étrangère à son identité de toujours ».

Au-delà de cette réaction, ces menaces réveillent un souvenir douloureux de l’histoire politique récente de la Tunisie. Le pays a déjà payé un lourd tribut à la banalisation des discours de haine et des appels à la violence. En 2013, les assassinats de Chokri Belaïd, le 6 février, puis de Mohamed Brahmi, le 25 juillet, deux figures majeures de l’opposition et du Front populaire, ou encore Lotfi Naguedh coordinateur de Nidaa Tounes à Tataouine en octobre 2012, avaient plongé la Tunisie dans l’une des plus graves crises de son histoire contemporaine. Ces crimes politiques avaient profondément ébranlé la jeune transition démocratique et laissé une cicatrice encore vive dans la mémoire collective.
Treize ans plus tard, voir réapparaître des menaces de mort visant une personnalité politique de premier plan ne peut qu’alimenter les inquiétudes. Même lorsqu’elles ne se concrétisent pas, ces intimidations contribuent à instaurer un climat de peur, à fragiliser le débat public et à raviver le souvenir d’une époque où la violence politique avait franchi un seuil irréversible.
Hamma Hammami, compagnon de lutte de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi au sein du Front populaire, avait lui-même été confronté à un contexte particulièrement tendu après ces assassinats. Les menaces qui le visent aujourd’hui résonnent donc avec une force particulière, tant elles rappellent les événements tragiques qui avaient endeuillé la scène politique tunisienne.
Dans ce contexte, les appels à assurer sa protection dépassent le cas d’une seule personnalité. Ils renvoient à une exigence fondamentale : empêcher que la violence politique, qui avait culminé avec les assassinats de Belaïd et Brahmi, ne retrouve une place dans la vie publique tunisienne. La mémoire de ces deux crimes rappelle qu’aucune menace de mort ne doit être prise à la légère et que la prévention demeure le meilleur rempart contre le retour des heures les plus sombres de l’histoire récente du pays.
La justice est aujourd’hui face à ses responsabilités. En poursuivant sans délai les auteurs des menaces visant Hamma Hammami, elle enverra un message clair : la violence politique n’a pas sa place en Tunisie. C’est le meilleur moyen d’éviter que le pays ne revive les tragédies qui ont coûté la vie à Lotfi Naguedh, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, et de refermer définitivement l’une des pages les plus sombres de son histoire contemporaine.

