
S’exprimant lors d’un meeting qui a eu lieu, mercredi, à Tunis, le premier Ministre, M. Béji Caid Essebsi, a dressé le tableau de la situation
actuelle du pays dans son style habituel fait d’humour et de gravité en même temps.
« Si le gouvernement n’a que 3 mois, il a cependant eu à affronter une tache ardue, à cause des problèmes socio-économiques, mais aussi sécuritaires » indique M. Caid Essebsi. Le passage vers la liberté et la démocratie constitue également un écueil pour le pays, où les partis n’ont cessé de surenchérir sur la légitimité du gouvernement.
« Cette légitimité est fonctionnelle, à défaut d’être constitutionnelle. L’engagement du gouvernement est avant tout patriotique » selon le premier ministre.
Béji Caid Essebsi a répondu aux critiques visant le gouvernement au sujet de la lenteur des commissions créées au lendemain de la révolution. Les dites commissions sont indépendantes et le gouvernement n’interfère pas dans leurs travaux. De plus, la quantité de dossiers à traiter est colossale : 7500 dossiers pour les affaires de corruption, 1500 pour les affaires de meurtres et de crimes au cours de la révolution. « Nul n’est au dessus de la loi » a-t-il martelé.
Dans un souci de transparence, le gouvernement a procédé à la création de l’Instance Supérieure Indépendante des Elections. Après avoir déploré la lenteur de sa mise en place, Béji Caid Essebsi a mis en exergue son rôle dans la fixation de la date des élections. La date du 24/07 ayant été reportée sur recommandation de l’ISIE, une date devait être retenue dans le consensus le plus large possible.
M. Caid Essebsi, très à l’aise face à son auditoire, a même pris le temps de répondre quand il a été interrompu pour n’avoir pas évoqué les événements de Metlaoui.
« La situation économique actuelle ne permet pas de donner un travail à chacun tout de suite. Mais la Tunisie a les moyens de réussir et va réussir » a-t-il répété. Pour cela, la Tunisie a besoin d’une aide extérieure qui lui permettra de relancer son économie et de réussir sa transition vers la démocratie.
M. Béji Caid Essebsi a, pour terminer, remercié les forces de sécurité pour leur mobilisation et leur travail au cours des dernières semaines. Les problèmes de sécurité persistent dans le pays cependant. Le cas le plus poignant, est celui des récents troubles à Metlaoui, où des confrontations ont eu lieu entre des tribus. Le premier ministre n’a pas hésité à qualifier les personnes impliquées dans ces événements d’ « arriérés ».
Wassim B. Naoua
Discussion about this post