
Dans une interview qu’il a accordée au journal français le Figaro, le Président de l’Assemblée Nationale Constituante Mustapha Ben Jâafar a rendu hommage au rôle qu’a joué Ennahdha dans l’adoption de la nouvelle Constitution et la réussite de la sortie de la crise politique :
« Il y a eu, au sein de la classe politique, une disponibilité à aller vers le compromis. Et là il faut rendre hommage à Ennahda. On a beau dire qu’elle y a été contrainte, avec notamment les événements égyptiens, mais Ennahdha a fait des concessions. On parle de tactique, d’arrière-pensées. Ce n’est pas l’essentiel. Chacun se retrouve dans cette Constitution. C’est une Constitution de consensus, où il n’y a pas de contradiction entre la liberté de conscience et la protection du sacré.
En réponse à une question du journal disant « qu’Ennahda est sortie par la grande porte avec cette Constitution… », il répond:
« Aujourd’hui, chacun veut tirer la couverture à soi. Il est normal qu’Ennahda, le parti le plus important à l’Assemblée, crie victoire. Il a tellement reçu de coups ces deux dernières années. On l’a accusé pratiquement de toutes les fautes. Au sein d’Ennahda, il y a des forces plus conservatrices que d’autres. Pour l’élaboration de cette Constitution, c’est le courant de l’ouverture qui a prévalu. Cette réussite doit encourager ce courant-là, et apaiser le courant conservateur pour les prochaines années. Ça ne peut être que profitable pour la Tunisie. Parce qu’elle ne peut vivre sans ses progressistes mais elle ne peut pas vivre non plus sans ses islamistes. C’est un tout qui doit cohabiter. »
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