
La décision prise par Mustapha Ben Jaâfar de geler provisoirement les travaux de l’Assemblée Nationale Constituante continue d’alimenter la polémique.
Du côté des spécialistes neutres en droit constitutionnel, on la juge illégale. Du côté de l’opposition, on la considère positive mais insuffisante alors que du côté de la Troïka on la juge surprenante.
Le député du CPR, Samir Ben Amor, a été le premier à fustiger cette décision « illégale » la qualifiant de « véritable catastrophe dont Ben Jaâfar ne mesure pas les retombées politiques et juridiques ».
Samir Ben Amor a insisté que Ben Jaâfar n’a pas les prérogatives pour prendre une telle décision qu’il a bizarrement prise sans aucune concertation avec le bureau de l’ANC ni avec les différents blocs parlementaires.
Cette position du CPR a été confirmée par le président du bloc parlementaire du CPR à l’ANC Haithem Ben Belgacem qui a déclaré à ce propos, sur les ondes de radio Shems FM, que la décision de Ben Jaâfer a été prise à sens unique et qu’il n’a pas discuté avec les présidents des groupes parlementaires à ce sujet.
Si du côté d’Ennahdha, les représentants de ce parti ont essayé de ne pas trop polémiquer sur une décision qui a laissé le parti islamiste en hors-jeu, les réactions des militants de base ont été très différentes.
Ben Jaâfar a été accusé de traitrise et de complot avec la contre-révolution. Selon certains scénarios, Ben Jaâfar aurait exécuté les ordres émanant de l’étranger et des états majors de la contre révolution en contrepartie d’une promesse de se voir hisser au poste de Président de la République dans le restant de la période transitoire !
Néanmoins, quels que soient ces motifs, la décision de Ben Jaâfar prouve la grande discorde au sein de la Troïka au pouvoir.
Une discorde qui a été confirmée par le secrétaire d’Etat chargé de l’immigration et membre du bureau politique d’Ennahdha, Houcine Jaziri, lors de son passage sur la chaîne Nessma TV.
Selon certains analystes, cette position de Ben Jaâfar est venue signer l’arrêt de mort de la Troïka surtout qu’elle s’ajoute à la position d’Ettakatol qui ne cesse d’appeler à la dissolution de l’actuel gouvernement, contrairement à ses alliés de la Troïka.
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