
En ce début de la compagne électorale au Bundestag, la fondation Robert Bosch et l’Institut Franco-allemand ont choisi d’établir, au-delà des forces politiques, un lien de confiance franco-allemand.
Samedi 6 juillet 2013, et dans le cadre d’un voyage d’information pour des jeunes journalistes, le dfi a organisé un séminaire, dans le prestigieux siège de la fondation Bosch à Berlin, et ce dans le but de renforcer la collaboration franco-allemande tout en étudiant la situation politique entre les deux pays.
Le séminaire a été présidé par frank baasner, Directeur de l’institut franco-allemand de Ludwigsburg, en présence d’Ulrike Guérot, Directrice du bureau berlinois du Conseil européen des relations étrangères, et Nicola Hubé, Maître de conférences en sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Les participants étaient des journalistes de presse, de radio et de télévision ainsi que des représentants d’instituts de recherche, qui sont venus de l’Allemagne, de la France mais aussi de l’Afrique du Nord (Maroc et Tunisie).
L’objectif principal était de rendre possible un lien de confiance entre les deux pays, et ce par le biais du dialogue et de l’échange. En effet, des experts européens estiment que la croissance économique en Europe a ralenti, et dans de nombreux pays les jeunes sont les premiers à être touchés par le chômage. Dans cette situation critique tous les regards sont tournés vers l’Allemagne et la France.
L’Allemagne exige des réformes
Au cours de cette rencontre, les représentants allemands se sont attardés sur le grand écart existant entre les deux pays, un écart qui risque de rompre l’équilibre, a indiqué Frank Baasner.
Par ailleurs, Ulrike Guérot a indiqué que l’Europe doit agir vite face aux prochaines crises, c’est dans ce sens que le côté allemand demande aux Français d’afficher plus de rigueur et d’engagement.
Cependant, il est de l’intérêt immédiat de l’Allemagne que la France parvienne à redynamiser son économie et sa société. « Nous voulons être avec des pays qui marchent », lance Mr frank.
Mr braasner indique que l’Europe n’est pas seulement vieille, mais elle est lente, le monde n’est pas lent ajoute-il.
La clé de l’Europe est à Berlin ?
Dans le même cadre, on avait l’impression que l’Allemagne est la clé de toute l’Europe. Tout d’abord en dépit de sa puissance économique, l’Allemagne semble être le premier contributeur au mécanisme de sauvetage. C’est pour cette raison que tous les intervenants ont mis l’accent sur l’importance des prochaines élections allemandes, du 22 septembre 2013, qui pourraient jouer un rôle décisif dans toute l’Europe. Simplement, ce ne sont que les Allemands qui vont voter, intervient l’un des journalistes français.
Par contre, Ulrike Guérot a précisé que la clé de l’Europe est entre les mains des Français. L’Europe a-elle perdu la clé ? Ce n’est pas totalement vrai, il faut juste saisir la porte à ouvrir, et faire face aux vrais problèmes.
L’ancien membre du Bundestag explique : Ce dérapage est dû à la fragilisation et l’incapacité de la politique française. Depuis, la montée du socialiste François Hollande, les indicateurs économiques ont continué à se détériorer.
Dans ce sens, le directeur de DFI a ajouté : « Nous sommes presque convaincus qu’en France le changement n’est pas maintenant ». Une réponse parodique à la célèbre devise de Hollande « le changement est maintenant ».
Dans le même ordre d’idées, la représentante allemande à indiqué que l’écart entre la compétitivité allemande et française a progressé, ce qui pèse de plus en plus sur les relations franco-allemandes, un grand écart qui risque de rompre l’équilibre, ajoute-t-elle.
Cependant, le côté allemand reproche la fragilisation de la politique française qui n’aurait affiché aucun effort de réformes et de changement. Par contre, la position allemande est claire : « nous voulons être avec un partenaire en bonne santé ».
De son côté, le représentant français semble être conscient de cette coalition qui serait nécessaire dans le processus de sauvetage de toute l’Europe. Par ailleurs, Nicola Hubé a indiqué que le président Hollande est ciblé par l’Allemagne et ses opposants, il est condamné d’avoir tort ajoute-t-il.
La coalition est plus que jamais nécessaire
En effet, si la France attire encore les regards, c’est parce que l’Allemagne ne peut pas résoudre les problèmes et les difficultés toute seule. Il lui faut un partenaire de référence. Ainsi l’idée de l’état-nation et l’annulation de l’Euro restent un éventuel danger qui pourrait menacer les deux pays.
Et puis, c’est une vérité générale ; l’Europe ne pourra pas surmonter les défis actuels auxquels elle doit faire face sans une étroite collaboration entre la France et l’Allemagne.
Il est vrai que depuis des décennies, la relation franco-allemande « n’a jamais été un long fleuve tranquille ».
L’institut franco-allemand en est conscient, depuis plus de 60 ans, il constitue une plate-forme du dialogue franco-allemand, encourage et accompagne la coopération politique, économique et sociale entre les deux pays, ainsi le DFI a pu poursuivre , grâce à ses collaborateurs, son rôle d’intermédiaire entre les différentes parties. L’objectif étant de toujours faire face aux difficultés politiques, par le biais du dialogue.
Cheker Berhima
Discussion about this post