Queues interminables, nuits blanches, dossiers kilométriques, stress permanent…quel demandeur de visa n’a pas subi ce parcours du combattant pour espérer décrocher le sésame qui permettra aux seuls détenteurs de se pavaner dans les rues de Paris, mais aussi de tout l’espace Shengen.
Afin d’apaiser un tant soit peu le calvaire subi au quotidien par les demandeurs de visas, le consulat de France a décidé de faire appel à une société privée de droit tunisien (TLScontact). Mais le remède ne serait-il pas bien pire que le mal: plus de déplacements et plus de sous à casquer !?
Ainsi donc, de nouvelles procédures ont été annoncées pour l’obtention d’un visa Schengen auprès du consulat de France. Dorénavant, les demandeurs du fameux sésame pour l’Hexagone ne pourront plus déposer leurs demandes, accomplir les formalités nécessaires, clore les procédures y afférentes exclusivement au Consulat de France à Tunis. Eh oui, il faut désormais passer par un prestataire de service TLScontact qui se chargera de collecter les dossiers de demandes.
Au cours d’une conférence de presse tenue récemment à Tunis, M. Gambard-Trébucien, Consul général de France à Tunis, explique cette externalisation, entrée en service le 16 avril 2012 : « C’est la solution aux longues files d’attente devant les locaux du consulat. Les procédures de délivrance de visa ne dépendent pas uniquement de la France, elles sont régies par les conventions internationales, et par les accords Schengen, que 25 pays européens ont signés. Ce visa permet de circuler librement dans ces pays. Pour ces raisons, on a décidé d’externaliser pour le dépôt de demandes de visa. Le choix a été donc porté sur TLScontact. Cependant, ce prestataire ne peut ni délivrer ni refuser un visa. L’examen du dossier et la délivrance du visa reviennent uniquement au consulat ».
TLScontact, qui n’assume que la responsabilité de la transmission des dossiers, a donc pour objet d’accueillir les demandeurs de visas, suivant un calendrier de rendez-vous octroyés par le biais d’Internet.
Toutefois, ce service n’est pas gratuit: le demandeur de visa est appelé à payer, en plus des frais de visa (environ 120 dinars), le coût de la prestation « TLScontact », estimé à 50 dinars. Frais nouveaux qui viennent s’ajouter aux charges et autres désagréments subis par les demandeurs de visa: longues files d’attente, lenteur dans le traitement des dossiers, formalités complexes pour fixer des rendez-vous pour le dépôt des dossiers…
Et pour couronner le tout, le demandeur est appelé à faire davantage de déplacements qu’auparavant. Et pour cause: la réglementation française ne permet pas d’externaliser la prise des données biométriques (photo et empreintes digitales).
Les candidats au sésame sont donc obligés de se déplacer au Consulat de France au centre-ville de Tunis, le lendemain du dépôt de leurs demandes, pour y déposer leurs empreintes. Une tâche énorme pour ceux qui habitent à l’intérieur du pays.
A l’heure où la mondialisation bat son plein faisant du monde un village planétaire, l’Hexagone, qui ne cesse pourtant de clamer l’excellence des relations franco-africaines, continue à faire subir aux pays du Sud les mêmes humiliations !
On prendra peut-être cela comme une farce, mais pourquoi ne pas appliquer le principe de la réciprocité en matière de séjour d’un citoyen français dans les ex-colonies. Combien de Français débarquent sous nos tropiques sans papiers !?
Ce qui est surprenant par-dessus tout dans ce parcours du combattant, qui exige une interminable liste de documents, c’est cette attitude indigne à ne pas rembourser les frais de ces… pauvres demandeurs en cas de refus.
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