
Trois ans après le départ de Ben Ali, les députés tunisiens ont fini par adopter un texte qui semble satisfaire tout le monde. Reportage.
Leur joie a éclaté avant l’annonce du résultat. Tard dimanche soir, les députés tunisiens ont exulté au fur et à mesure que les petits points verts sont apparus à l’écran. Larmes, youyous, hymne national, les élus, amis ou ennemis, se sont félicités mutuellement, se donnant l’accolade. Avec plus d’un an de retard, trois ans après le départ de Ben Ali, ils ont adopté ce texte tricoté pendant deux ans, au fil des débats, manifestations, crises politiques, avec 200 voix sur 216. Un score largement supérieur aux 145 votes nécessaires pour sceller la deuxième Constitution tunisienne.
« C’est maintenant la vraie révolution ! » s’est emportée Meherzia Laabidi, vice-présidente de l’Assemblée nationale constituante tunisienne et députée Ennahda. Dans les couloirs du Bardo, des slogans retentissaient : « Plus de peur, plus de terreur, notre Constitution est celle du peuple », « constitution, drapeau, union », « fidélité au sang des martyrs ».
« Avec cette Constitution, la Tunisie a ses libertés mais, surtout, elle est réconciliée », a avancé l’élue. « Depuis l’indépendance, c’est la première fois que les Tunisiens décident de leur histoire, qu’ils débattent. On a découvert notre pays », commentait quelque jours plus tôt Amira Yahyaoui, co-fondatrice de l’ONG Al-Bawsala (la boussole) qui observe les travaux de la constituante. Pour elle, « il y a clairement eu des concessions d’Ennahda. Ils avaient mis la barre islamisante très haut, cela ne pouvait qu’évoluer. Le pouvoir les a rendus plus démocratiques, moins tranchés sur leurs positions, moins idéologues et plus politiques ».
Au fil des mois, la place de la religion, âprement débattue, en plénière, commissions, par médias interposés, manifestations et (…) (Le point)
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