Dans un entretien accordé par Chokri Belaid, sécretaire général du mouvement des patriotes démocrates et un des pères fondateurs du Front populaire, au journal La Presse, l’homme dit accepter de dialoguer avec Ennahdha même s’il classe ce mouvement dans la liste de ses ennemis et adversaires.
Dans un long entretien, cet opposant virulent à Bourguiba et Ben Ali, n’a pas mâché ses mots. Il n’hésite pas à tirer à boulets rouges sur la Troïka, sur Ghannouchi, sur Ennahdha, sur le gouvernement et ses dérives…
Au sujet de la composition du Front Populaire, il lance: » Nous sommes onze partis et une association en tout. Il s’agit d’une coalition qui réunit des partis de gauche, des partis socio-démocrates, des partis identitaires arabes et relevant des courants baâthistes, un courant écologique et des personnalités indépendantes. Un parti vient de se joindre à nous, Hizb El Ghad« .
Sur la possibilité d’alliance électorale avec d’autres fronts, il répond sans sourciller: « Notre front reste ouvert, nous sommes en cours de négociations avec d’autres forces qui annonceront sous peu leur alliance avec nous. D’autre part, nous allons nous présenter à toutes les élections sans exception, des présidentielles aux municipales. »
« Nous sommes contre les punitions collectives »
A propos de l’exclusion des anciens rcdéistes, Belaid répond: « Nous sommes contre les punitions collectives. Celui qui a porté atteinte à la Tunisie doit être jugé par la justice et non pas par un parti politique. Deuxièmement, le dialogue doit se faire avec les partenaires et les adversaires. J’accepte de dialoguer avec Ennahdha, bien que je la classe dans la liste de mes ennemis et adversaires. L’exclusion est une voie dangereuse. Dans les années 90, Ben Ali a commencé par exclure Ennahdha sous prétexte qu’il allait instaurer la démocratie par la suite. Il a fini par éliminer la société tout entière.
Actuellement Ennahdha joue au même jeu sous prétexte d’exclure Nida Tounes, elle écartera tout le monde après. C’est pourquoi, ce discours qui prône l’exclusion est un discours fasciste et rejeté. En plus, il faut savoir que c’est l’Ugtt qui invite. Ce n’est pas Ennahdha qui va dicter à l’Ugtt ce qu’elle est en droit de faire. Nous acceptons les volontés de l’Ugtt, ce bastion de la lutte populaire et sociale. »
Quand on lui demande son avis sur Ghannouchi et Bourguiba, il ne prend pas de gants: » Bourguiba est un homme politique, il était notre adversaire et nous l’avons combattu. Mais il avait une vision et un projet et il représente une partie de l’histoire de ce pays avec ses avantages et ses problèmes. Rached Ghannouchi est un symbole du fascisme et de la contre-révolution. On ne peut comparer l’incomparable. »
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