
L’ambiance au sein de Nidaa s’emballe, les langues se délient et le dernier clash live entre Mzoughi et Elloumi est embarrassant et n’est pas étranger au remous que connait le parti.
Sans revenir sur les détails croustillants du Maître flingueur et sans cautionner ses déclarations sujettes à vérification, il est légitime de s’interroger sur ses motivations pour le timing de son déballage. Engagé dans une alliance d’alternance et de front à Ennahda comme il aime si souvent le rappeler, Mzoughi semble s’inscrire dans une démarche de marchandage pour un poste au sein du directoire et de chantage politique pour une éventuelle députation.
En choisissant les médias pour déballer les affaires internes et tirer sur ses amis d’hier comme le dictent les règlements et l’éthique du Parti, il a provoqué une polémique stérile tenant aux personnes et aux égos et feignant les questions de fond quant aux orientations idéologiques, stratégiques, économiques et sociales du Parti.
C’est bien d’avoir l’ambition de réformer, de se chercher une place et de s’imposer dans cette mosaïque idéologique, mais il faut le faire dans l’honneur et avec la manière et comme l’affirment ses détracteurs « Mzoughi aurait pu défendre ses positions au sein des instances du parti qui restent ouvertes à tous les courants réformateurs.
Chacun peut revendiquer ses convictions et afficher ses différences tout en étant solidaire et en cohésion avec la philosophie du parti. Par rapport aux échéances électorales décisives qui nous attendent, de tels agissements sont inacceptables dans la même famille politique », s’est lamenté un proche du parti en insistant sur l’obligation morale, intellectuelle et politique des dirigeants de ne pas troubler le parti à ce tournant décisif de sa progression et de sa structuration.
La divergence de convictions et l’opposition de styles dans une même famille se traitent par un débat interne et ne méritent pas d’être alimentées par des calomnies et attaques personnelles sur les ondes de radios et dans les colonnes de journaux. C’est une attitude révélatrice d’un manque cruel de maturité politique et d’insolence personnelle qui nuisent à leur auteur.
A l’approche du premier congrès prévu au mois de mars, de tels combats de coqs n’ont ni vainqueur ni vaincu et le gardien du temple Nidaiste doit impulser son génie fédérateur, dompter l’appétit dévorant des jeunes loups, extirper avec doigté le venin mortel de la division et mobiliser ses troupes acquises à sa cause et à ses visées sociétales et politiques.
Exister ou périr ! Ainsi, pourrait-on résumer la quintessence de Nidaa appelé à jouer un rôle déterminant lors des prochaines échéances électorales et par fidélité à sa base et aux projets qu’ils portent, les ténors du parti doivent mettre toutes leurs forces dans cette bataille. Ils ne devront laisser aucune place aux égos exacerbés, aux petits calculs carriéristes et aux postures scissionnistes qui seront préjudiciables pour le parti.
Tous ces errements, ces lourdes fautes, ces manquements à l’éthique et cette insolence ostentatoire ne font que discréditer leurs auteurs et constituent un désaveu pour ces électrons libres et champions du marchandage qui ne peuvent s’inscrire dans aucune structure organisée et hiérarchisée.
Jalel JEDDI