
S’autoproclamant « les amis de la Libye », les affamés du G8 donnent l’assaut économique sur notre voisin, sous l’égide militaire de l’OTAN et financier du FMI, alors que le pays n’est pas totalement libéré, et que Kadhafi n’est pas attrapé. Les marchés de reconstruction du pays attisent la convoitise des puissances impérialistes, dont le montant estimatif avoisine les 150 Milliards de dollars.
« Le Fonds Monétaire International reconnaît le Conseil National de Transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l’économie et commencer les réformes », a annoncé ce matin Christine Lagarde !
Et oui le FMI fout son nez dans le dossier Libyen. De par le savoir faire du FMI, les réformes projetées signifieront « endetter l’économie », « ouvrir grand les portes aux multinationales » et « privatiser les propriétés publiques ». A commencer par le secteur pétrolier, dans lequel le FMI « aidera » le nouveau gouvernement à « rétablir la production pour générer un revenu et re-stabiliser un système de paiements ».
Les pays du G8 s’emparent déjà des réserves souterraines Libyennes. Ses réserves pétrolières (les plus grandes de l’Afrique, précieuses pour leur qualité élevée et leur bas coût d’extraction) et celles du gaz naturel, sont déjà au centre d’une âpre compétition entre les soi-disant « amis de la Libye ». La France a obtenu une quote-part de 35% du pétrole libyen. Eni (Italie) est déjà là depuis 2 semaines. US+UK se bousculent pour avoir également leurs parts du gâteau.
Même l’eau libyenne attise la convoitise des multinationales: surtout françaises (Suez, Veolia et autres) qui contrôlent presque la moitié du marché mondial de l’eau privatisée (réserves d’eau fossile: 150mille km3). Ce n’est pas un hasard si l’OTAN a bombardé l’aqueduc et détruit la fabrique de Brega, qui produisait les conduites nécessaires aux réparations. Et pour réparer l’aqueduc et les infrastructures, les multinationales étasuniennes comme Kellogg Brown & Root, spécialisées dans la reconstruction de ce que les bombes USA/OTAN détruisent, sont prêtes à s’en occuper, sachant qu’en Irak et Afghanistan elles ont reçu en 2 ans des contrats = 10 Md$.
L’entière reconstruction est estimée par le FMI à 150 Milliard US$. Ce budget sera payé avec les fonds souverains libyens (70 Md$) et de l’Endettement (80 Md$) remboursable sur les nouveaux revenus de l’export pétrolier (30 Md$/an). Du moment où le FMI gère la stratégie économique de la nouvelle Libye, l’on parle déjà de privatisation du secteur public Libyen. Même Central Bank of Libya sera transformée en une filiale de HSBC (Londres), de Goldman Sachs (NEW York) et d’autres banques multinationales d’investissement. Ainsi, ces banques »coloniales » pourront pénétrer encore plus en Libye puis en Afrique.
Enfin, la cerise sur le gâteau, les US viennent de choisir leur « protecteur » d’intérêts économiques en Libye: Mr Ali Tarhouni, qui sera désigné Ministre des Finances et du Pétrole (ancien enseignant de la Business School de l’Université de Washington).
Taïeb Erdogan sera reçu par Mustapha Abdel Jalil,le Président du CNT. Parviendra-t-il à raisonner les responsables Libyens, pour ralentir le rythme de signature de contrats avec les occidentaux ?
Ingénieur
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