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Consensus national : Mission impossible?

6 décembre 2013
in Chroniques
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Si pour certaines parties, le consensus national est l’unique et seule voie pour sortir de cette crise politique et pour baliser les fondements d’une transition démocratique, pour d’autres hélas  le consensus est une instrumentalisation démagogique pour afficher un égoïsme primaire , un déni de l’intérêt national  et une volonté inavouée de transformer la défaite en victoire, l’incompétence en savoir, l’arrogance  en sagesse, la médiocrité en mérite et la trahison et l’ingratitude en fidélité  à ce pays et à ce peuple.

L’avenir du pays est suspendu à un consensus manipulé par ceux qui veulent garder le pouvoir et ceux qui rêvent d’y accéder et le peuple désespère  de ces querelles opposant des personnes aveuglées par la vengeance et la haine. Notre classe politique est dépourvue de GRAND HOMME rassembleur, fédérateur, charismatique  et donnant de sa personne pour l’intérêt de son peuple, comme ce fut le cas du grand Mandela mort hier à l’âge de 95 ans, de Gandhi ou de Bourguiba.

Toute la Tunisie, avec son peuple laborieux qui se lève tôt pour gagner sa vie, sa jeunesse qui s’interroge sur son avenir, ses intellectuels qui se sentent menacés et ses petits enfants qui doutent de leurs aînés ont les yeux braqués sur ce fameux dialogue national et son issue incertaine. Dès les premiers rounds de ce dialogue, les participants ont donné toute la mesure de l’intérêt qu’ils accordent au pays et au peuple.  Seuls les intérêts partisans, les calculs politiciens et les égos exacerbés les préoccupent.

Pour comprendre ce qui va se passer pendant les 10 jours qui nous séparent de l’ultimatum du Quartet , il faut être devin et savoir lire dans les intentions des uns et des autres. Il est désormais acquis que les plaies des antagonismes idéologiques sont loin d’être guéries et les tiraillements qui secouent la classe politique en sont le meilleur témoin.

La Tunisie n’est plus un pays mais un gâteau à partager! Les Tunisiens ne sont plus des citoyens  mais des sujets à manipuler ! Son destin est suspendu à la volonté  de quelques hommes sans envergure, animés par la vengeance, nourris par la haine et drogués à l’égo exacerbé. Des usurpateurs de la volonté du peuple, des violeurs d’une jeune révolution mineure, des falsificateurs d’histoire, d’opportunistes sans morale et d’imposteurs notoires.

Dans cette mascarade cruelle et nauséabonde, les supposés leaders politiques démontrent qu’ils sont prisonniers de leurs égos et de leurs partis. Ils sont incapables d’assumer  les rênes et les destinées d’un pays.

Ainsi, les récentes positions de certains partis politiques comme le Front National qui refuse Jalloul Ayed au motif qu’il est le candidat de l’Alliance Démocratique et qui veut imposer son propre candidat Chawki Tabib, le CPR qui se fait maître dans l’escroquerie intellectuelle en multipliant les contradictions ou Wafa qui se cherche une virginité après   les dernières révélations sur le passé douteux d’Azed Badi et les rapports énigmatiques du mini-parti avec l’ancien bailleur  de Moncef Marzouki  , trahissent à la fois la petitesse d’esprit, la tentative affichée de falsifier l’histoire, le déni notoire de toute volonté consensuelle et la volonté  sournoise d’écrire leurs propres légendes à l’encre de la honte, du désamour, de la haine et de la vengeance.

En refusant toute concession  et en voulant imposer son propre candidat, les Frontistes veulent bouleverser les rapports de force en tentant d’imposer une nouvelle dictature de la minorité. Ainsi apparaissent au grand jour les séquelles d’un passé anarchiste non soigné,  le fantôme d’une guerre idéologique qui les hante encore, un nombrilisme révolutionnaire maladif et la volonté d’être les dépositaires exclusifs de la volonté du peuple. Autant de symptômes d’une schizophrénie  chronique et incurable.

Jalel JEDDI

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