À quelques jours du deuxième rendez-vous décisif de la Tunisie au Mondial 2026, le nouveau sélectionneur national, Hervé Renard, a appelé ses joueurs à tourner rapidement la page de la lourde défaite concédée lors de leur entrée en lice face à la Suède (1-5), afin d’aborder avec détermination et sérénité le match contre le Japon, prévu dimanche prochain dans le cadre de la deuxième journée du groupe F.
Nommé à la tête des Aigles de Carthage lundi, au lendemain du départ de Sabri Lamouchi, le technicien français n’a pas tardé à afficher ses priorités : remobiliser un groupe fragilisé moralement et restaurer la confiance avant une rencontre déjà décisive pour les chances tunisiennes de qualification au deuxième tour.
Lors du point de presse précédant la séance d’entraînement de mardi à Monterrey, Hervé Renard a insisté sur la nécessité de relever rapidement la tête après un début de tournoi particulièrement difficile.
« J’ai regardé très attentivement le match contre la Suède. Le score est lourd, mais tout n’est pas à jeter », a-t-il déclaré. « Lorsque j’ai rencontré les joueurs, je n’ai pas parlé très longtemps. Je leur ai simplement dit qu’il fallait relever la tête et avancer. Vous êtes ici pour représenter la Tunisie. C’est un honneur, c’est un devoir et nous devons faire beaucoup mieux. »
Le technicien français, réputé pour sa capacité à relancer des équipes dans des contextes délicats, semble avoir choisi un discours direct et mobilisateur afin de redonner confiance à un groupe marqué par deux lourdes défaites successives, d’abord en amical face à la Belgique (0-5), puis contre la Suède au Mondial.
Conscient de l’ampleur de la mission qui l’attend, Renard a toutefois tenu à mettre en garde contre toute sous-estimation du prochain adversaire.
« Le match contre le Japon sera très difficile. J’ai affronté cette équipe à plusieurs reprises. C’est une formation complète qui a obtenu de très bons résultats durant les qualifications. Nous devons préparer ce rendez-vous avec beaucoup de sérieux », a-t-il averti.
L’ancien sélectionneur du Maroc et de l’Arabie saoudite a notamment souligné les qualités offensives de l’équipe japonaise, reconnue pour sa rapidité d’exécution, son intensité et sa discipline tactique.
Au-delà des considérations purement techniques, Hervé Renard est également revenu sur les circonstances de son arrivée à la tête de la sélection tunisienne, exprimant sa solidarité envers son prédécesseur Sabri Lamouchi, évincé après la déroute face à la Suède.
« Cette défaite a été brutale et elle a conduit à un changement de staff. Je sais exactement ce que Sabri a vécu, parce que j’ai moi-même traversé ce type de situation. Lorsqu’un entraîneur est remercié, cela fait très mal. L’ego est touché et on ressent une forme de culpabilité », a-t-il confié.
Dans un hommage appuyé à son prédécesseur, Renard a estimé que Lamouchi avait assumé seul les conséquences d’un échec collectif.
« Il a payé les pots cassés après ce premier match raté. Je suis persuadé que les joueurs en sont conscients et ressentent également une certaine tristesse pour lui. À nous maintenant de poursuivre le travail et de faire en sorte que cette compétition prenne une autre direction. »
Malgré le contexte difficile, le nouveau sélectionneur s’est montré relativement rassurant quant à l’état d’esprit du groupe.
« L’ambiance semble bonne au sein de l’équipe et cela sera un élément important pour préparer ce match contre le Japon », a-t-il souligné.
Le changement à la tête de la sélection est intervenu dans un contexte particulièrement tendu. La Fédération tunisienne de football (FTF) a annoncé lundi avoir mis fin, d’un commun accord, à sa collaboration avec Sabri Lamouchi, tout en confiant à Hervé Renard la mission de poursuivre l’aventure mondiale de la sélection tunisienne.
La FTF a également décidé de mettre un terme aux fonctions de l’ensemble du staff technique accompagnant Lamouchi, notamment l’entraîneur adjoint, l’entraîneur des gardiens, le préparateur physique et l’analyste vidéo. Wahbi Khazri a toutefois été maintenu au sein de l’encadrement technique.
Hervé Renard sera entouré d’un nouvel encadrement comprenant notamment Mondher Kebaier comme directeur technique national, un entraîneur adjoint tunisien ainsi qu’un éventuel adjoint français. Anas Gazouz intégrera également le staff en qualité de préparateur physique.
Selon la FTF, l’accord conclu avec Renard porte dans un premier temps sur la durée restante du parcours tunisien au Mondial 2026, une évaluation étant prévue à l’issue de la compétition pour déterminer l’avenir de cette collaboration.
Nommé sélectionneur de la Tunisie le 20 janvier dernier, Sabri Lamouchi quitte ses fonctions après un passage marqué par des résultats décevants : une seule victoire, obtenue face à Haïti (1-0), un match nul contre le Canada (0-0) et trois défaites face à l’Autriche (0-1), à la Belgique (0-5) et à la Suède (1-5).
Technicien expérimenté reconnu sur la scène internationale, Hervé Renard s’est notamment illustré en remportant la Coupe d’Afrique des Nations avec la Zambie en 2012 puis avec la Côte d’Ivoire en 2015. Il a également dirigé les sélections du Maroc et de l’Arabie saoudite, avant de prendre en charge l’équipe de France féminine.
La Tunisie disputera son deuxième match du premier tour face au Japon le 21 juin à 05h00 avant de conclure la phase de groupes contre les Pays-Bas le 26 juin à minuit. Pour les Aigles de Carthage, l’objectif est désormais clair : réagir rapidement pour préserver leurs chances de qualification.
Avec TAP

