Un proche de Donald Trump propose d’exclure l’Iran du Mondial… pour repêcher l’Italie, au cœur d’une Coupe du monde organisée aux États-Unis. Un lobbying géopolitique qui dépasse largement le cadre du terrain.
Dans le Financial Times, on apprend qu’un conseiller de Donald Trump a demandé à la FIFA d’exclure l’Iran du Mondial de football et de le remplacer par l’Italie, lors de la prochaine Coupe du monde organisée par les États-Unis. En coulisse de ce cas diplomatique hors-norme, un lobbying du foot très géopolitique.
L’idée, avancée auprès du président de la FIFA, serait d’envoyer un signal diplomatique fort à Giorgia Meloni, aujourd’hui en froid avec Donald Trump après l’avoir longtemps soutenu. Côté sportif, les Italiens sont toujours marqués par ce coup de tonnerre du 31 mars dernier, quand leur équipe s’est inclinée aux tirs au but contre la Bosnie, ratant ainsi les qualifications à la Coupe du monde.
C’est la troisième fois d’affilée qu’ils n’arrivent pas à se qualifier au Mondial, organisé tous les quatre ans. Un véritable traumatisme, voire une humiliation, pour une sélection qui a déjà remporté quatre fois la Coupe du monde. Ce drame sportif se superpose à une séquence beaucoup plus géopolitique.
Donald Trump s’est plaint du « manque de courage » de Giorgia Meloni sur le conflit en Iran. La guerre est très impopulaire en Italie, et la cheffe du gouvernement a refusé l’accès aux bases militaires en Sicile aux avions américains impliqués dans l’opération « Epic Fury ».
Un autre dossier est venu ombrager les relations entre Rome et Washington: les attaques de Donald Trump contre le pape américain sur Truth Social ont provoqué un tollé en Italie. Le pape avait jugé « inacceptables » les menaces de Trump d’anéantir la civilisation iranienne. Donald Trump avait répliqué dans un message à la tonalité agressive, affirmant que le pape Léon ne serait pas au Vatican sans lui.
C’est dans ce contexte de brouille diplomatique qu’un émissaire de Donald Trump, Paolo Zampolli, pousse donc pour que l’Italie remplace l’Iran au Mondial. Mais exclure l’Iran aurait des portées hautement géopolitique, et à double tranchant. Une règle tacite veut en effet que le sport reste hermétique aux conflits en cours.
L’Iran s’est qualifié pour le Mondial le 25 mars 2025 face à l’Ouzbékistan. Le 11 mars dernier, le ministre iranien des Sports affirmait pourtant que le contexte ne permettait pas à l’Iran de participer. Mais le très influent président de la FIFA, Gianni Infantino, a œuvré en coulisses et assuré la semaine dernière que la sélection iranienne serait finalement bien présente.
Hier, Téhéran a publié un communiqué affirmant être prêt pour le tournoi et déterminé à y participer. La présence iranienne au Mondial aux États-Unis constitue un cas diplomatique hors norme.
Le fait que le président de la FIFA appartienne au premier cercle de Donald Trump est sans doute un atout pour gérer ce dossier ultra-sensible. En décembre dernier, encore irrité par son échec au prix Nobel de la paix, Donald Trump avait vu son égo soigneusement ménagé à Washington par Gianni Infantino, qui lui avait remis le tout premier « Prix de la paix de la FIFA ».
(BFMTV)
