
Dans une interview accordée au journal Le Temps, Adel Daâdaâ, président du CSHL revient sur les raisons qui ont motivé sa démission de son poste de présidence du club de la banlieue sud de Tunis. Voici dans ce qui suit l’interview en question.
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe secouant les assisses de la paisible cité balnéaire prenant de court tous les Hammam-Lifois et se propageant telle une trainée de poudre dans toute la Tunisie sportive: Adel Daâdaâ le valeureux et non moins vaillant président des verts a présenté sa démission « par écrit » samedi après-midi au secrétariat du club. L’on a tous en mémoire comment l’exercice écoulé il avait annoncé lors d’une conférence de presse le 20/12/2012 sa décision de partir juste après le match contre le CAB en guise de protestation contre les injustices de la FTF. A Monastir lors de la dernière journée, il réitéra encore une fois sa volonté de partir mais dans les deux cas de figure, ce ne furent que des paroles en l’air prises par un homme excédé. Samedi, l’affaire prit une tournure sérieuse et officielle avec une démission manuscrite en bonne et due forme. Nous avons approché donc Adel Daâdaâ pour connaître le fin mot et les tenants et aboutissants de cette résolution. Entretien :
Le Temps : Une « petite bombe » que cette démission de votre part à quelques poignées d’encablures du début de la compétition. Pourquoi justement le choix de ce timing
Adel Daâdaâ : A maintes reprises par le passé j’avais exprimé ma volonté de partir. Les raisons en sont multiples. J’en arrive à ne plus pouvoir joindre les deux bouts et honorer mes engagements vis-à-vis de mes employés et créanciers. J’ai préféré temporiser le temps d’assurer les activités de l’intersaison de la meilleure façon tout en avançant de ma propre poche 250 millions aux caisses pour y réussir: Engagement d’un entraineur de renommée, campagne de recrutements réussie selon les besoins du staff, stage, organisation des matches amicaux, etc. Une fois l’équipe sur les rails avec un avenir assuré, j’ai annoncé ma décision.
Soit, mais quelles en sont les motivations ?
En dehors des injustices dont a été victime mon club, le tarissement des ressources financières est le principal handicap pour nous à Hammam-Lif : Pas même 1 malheureux dinar de la part du gouvernorat, de la délégation régionale du sport, de la délégation, de la mairie, des hommes d’affaires, des usines et sociétés de la place, des inconditionnels. Rien !
Oui mais pareil problème n’est pas propre à Adel Daâdaâ et tous les présidents sont dans le même pétrin à part si Hamdi le président de l’Espérance qui pioche lourdement dans sa poche pour faire tourner la baraque ?
Ecoutez, le plus clair des clubs dispose d’une assise basale. A titre d’exemple l’ASM, 750 millions des terrains de tennis et 250 de la mairie.
Comment alors expliquer ce tarissement des ressources et cette fermeture des vannes à votre nez ?
Le marasme économique qui paralyse tous les rouages de l’économie et ce chaos qui dévaste le pays. Par ailleurs il y eut une mutation dans notre paysage après le 14 janvier. Car avant la révolution, le football jouait à la locomotive du pays, mais depuis c’est la politique qui a pris le dessus passant aux avant-postes et léguant bien loin derrière le sport dans l’esprit de l’opinion publique. Par ailleurs, les gouverneurs ont perdu de leur aura et prestige et ne jouissent plus du respect de naguère. Avant, ils pouvaient inciter par un simple coup de fil les chefs d’entreprise de leur région à contribuer aux caisses des clubs se rattachant à leur gouvernorat. Plus maintenant !
Comment voyez-vous alors les lendemains du club si jamais vous persistiez à partir ?
je ne veux pas courir le risque d’être poursuivi par la justice à l’instar du président du ST pour 500 millions. Je serai toujours proche du club et j’aiderai de mon mieux Fadhel Ben Hamza pour gérer les affaires de mes couleurs. Par ailleurs la vente de Walid Dhaouadi amènera pas mal de liquidités aux caisses sans oublier le milliard attendu de la tutelle.
Le Temps
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