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École tunisienne et IA : Le défi d’une révolution low-cost face aux réalités du terrain

24 septembre 2026
in Chroniques
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École tunisienne et IA : Le défi d’une révolution low-cost face aux réalités du terrain
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Le constat relevé à travers la note stratégique majeure de l’IACE (Institut Arabe des Chefs d’Entreprises) : le système éducatif tunisien se trouve face à un immense paradoxe. Alors que la Tunisie se hisse fièrement au 2e rang africain en matière de préparation des talents à l’IA (selon l’AI Talent Readiness Index for Africa 2025), avec 1 400 spécialistes formés par an, ses écoles, collèges et lycées publics restent dramatiquement en marge de cette révolution technologique, faute de stratégie nationale structurée et d’infrastructures adéquates.

Une opportunité économique majeure sur fond d’inaction globale

L’urgence est avant tout économique. Les entreprises tunisiennes ont placé les spécialistes en IA et en apprentissage automatique au 2e rang des métiers les plus demandés, juste après le Big Data. Pourtant, sur le terrain scolaire et universitaire, l’intégration de l’IA se fait « à vitesses multiples ».

Si les universités privées multiplient les parcours dédiés depuis 2022 et que des initiatives publiques innovantes émergent, à l’instar de la création de l’Institut public HIDE (Higher Institute of Digital Engineering) en 2024 ou de la publication d’une charte de bon usage par l’UVT en février 2026, l’enseignement primaire et secondaire public reste le parent pauvre de cette transition.

Lors de cette rentrée de l’année scolaire 2026-2027, il a été encore une fois constaté que les manuels scolaires conservent encore leur format papier traditionnel et que l’infrastructure numérique y est balbutiante.

Le mur de la fracture numérique et le casse-tête législatif

Le rapport de l’IACE met en lumière les freins majeurs qui bloquent la généralisation de l’IA éducative en Tunisie :

  • La faiblesse des infrastructures : Équiper chaque élève tunisien d’un ordinateur ou d’une tablette relève de l’illusion économique.
  • Le modèle « Mobile-First » menacé : Pour contourner ce coût, les experts préconisent d’utiliser le smartphone comme principal outil d’accès à des applications légères et des LLM locaux. Problème majeur : une note du ministère de l’Éducation datée du 21 février 2026 vient d’interdire l’usage des téléphones portables au sein des établissements scolaires, créant un véritable casse-tête pour l’apprentissage hybride.
  • Le conservatisme du corps enseignant : Face à l’adoption rapide de ChatGPT par les étudiants fin 2022, une large partie des enseignants a d’abord réagi négativement, percevant l’IA comme un simple outil de fraude plutôt que comme un levier d’apprentissage personnalisé.

Vers une stratégie pragmatique et low-cost

Pour sortir de l’impasse, l’IACE appelle à une feuille de route pragmatique et à faible coût. La gouvernance de cette transition devrait être confiée au Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement (CSEE), créé en mai 2025, en s’appuyant sur le CNTE pour le scolaire et l’UVT pour le supérieur.

L’accent doit être mis sur le modèle en cascade (Train-the-Trainer) pour former des enseignants « activateurs d’IA » grâce à des ressources en ligne et des MOOCs gratuits (Google, FUN MOOC, Coursera), évitant ainsi de lourdes dépenses de conception de contenus.

La Tunisie dispose des cerveaux et de start-ups EdTech prometteuses (comme GoMyCode, EdTrust ou Lectful). Il ne reste plus qu’à aligner la réglementation et la volonté politique pour que l’intelligence artificielle ne devienne pas un facteur d’exclusion supplémentaire pour la jeunesse tunisienne.

 

Jihene Ben Hassine

Tags: #TechnologiesÉcole tunisienneIAInnovationMéditerranéeTunisie
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