Financement des clubs de foot: Pour une meilleure répartition de la cagnotte des sociétés énergétiques

Financement des clubs de foot: Pour une meilleure répartition de la cagnotte des sociétés énergétiques

Les clubs de la Ligue professionnelle de football peinent. Asphyxiés par les dettes pour les plus grands, (grands en termes d’estimation budgétaire), incapables de gérer leurs quotidiens pour les autres.

Présidents endettés jusqu’au cou, salaires non payés, primes ignorées, interdiction de recruter, grèves amorcées, menaces de boycotter et Sit-in devant des compagnies supposées soutenir et aider, sont devenus la monnaie courante d’un championnat loin de mériter le qualificatif de « professionnel » qui lui est attribué.

Inutile de se leurrer ou de s’accrocher à l’arbre qui cache la forêt; comprenez le titre de Ligue des Champions  amplement mérité de l’EST que nous saluons et félicitons au passage.

En face une éloquente et criante image, nous vient de Bizerte, où le président Cabiste Abdessalam Saidani campe devant la Société Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR), pour « quémander » une aide financière.

Auparavant, ce même président, aurait, selon ses dires, exhortés ses joueurs à entrer en grève pour protester contre le manque de moyens du club qui était leader du championnat. Une manière de demander « l’aumône » inédite de la part d’un responsable de club mais ne dit-on pas que la fin justifie les moyens.

Cette dichotomie du paysage footballistique; entre, d’un côté, une Espérance reluisante et euphorique qui s’installe majestueusement sur le trône de l’Afrique et une sélection nationale 22ème au classement mondiale et de l’autre, de  «pauvres clubs», délaissés, livrés à eux-mêmes qui survivent grâce à la charité, nous ramène à mettre sur le parquet une question fondamentale: à quand des solutions radicales?

Sans tomber dans la prétention, nous pouvons fournir de premiers éléments de réponses en argumentant.

Plusieurs compagnies d’industrie minière ou de raffinage, de phosphate ou de gaz, dans le pays, consacrent un budget aux clubs des régions où ils sont installées depuis des décennies. Maigres deniers si on considère les exigences de plus en plus grandissantes d’associations affamées et ayant besoin de davantage d’entrée d’argent, mais qui représentent une main tendue et un secours certain pour parer au plus urgent !

Et si vous misez sur plus d’équité!

La Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), le Groupe Chimique Tunisien (GCT) de Gabés, la SIAPE de Sfax, la Compagnie Pétrolière Autrichienne (OMV) de Tataouine, celle franco-britannique PERENCO, ex PETROFAC de Kerkennah, la Compagnie Petrolière Italienne (ENI) ou encore Total et aussi la Société Tunisienne des industries de Raffinage (STIR) de Zarzouna, distribuent une cagnotte, environnant les 7 Milliards de dinars tunisiens, aux clubs de foot évoluant dans les régions précitées.

Nous comprenons parfaitement cette discrimination positive, pour ce que causent ces compagnies en dégâts environnementaux, d’hygiène et de détérioration d’Etat sanitaire aux collectivités autochtones, mais de petites miettes aux autres clubs qui en ont tout autant besoin, ne seraient pas de trop. Le Club Sportif d’Hammam-lif, l’Union Sportive Monastirienne, le Stade Tunisien, l’Avenir Sportif de la Marsa, la Jeunesse Sportive Kairouanaise, le Club Sportif de Korba…et bien d’autres clubs agonisent et mériteraient un petit coup de pouce, un tantinet d’intérêt et de soutien sans conséquences pour ses compagnies à gros moyens.

Bien que cette  aide n’est pas une solution définitive à leurs grosses déconvenues mais elle pourrait alimenter un sentiment d’équité dont ils ont bien besoin.

Sinon, l’autre alternative, à long terme, serait d’engager une profonde et sérieuse réflexion sur l’instauration de « sociétés sportives », ce qui entrainerait une future gestion des clubs comme se gèrent les sociétés, avec un business plan bien établi et un bilan annuel qui garantirait une transparence totale sur les comptes des clubs. Il y’aurait un directeur administratif, chargé de la gestion  des finances et un directeur sportif pour toutes les affaires techniques.

Même si l’Etat peut continuer, dans un premier temps, à verser des subventions aux clubs uniquement pour la promotion du football, la création des écoles et centres de formation ou encore le transport des jeunes catégories. Cet argent ne sera, en aucun cas, utilisé pour les salaires des joueurs ou entraîneurs professionnels ou encore pour des dépenses qui les concerne comme des stages de préparation ou des équipements ou des primes de matches….

On pourrait même, copier le modèle de nos frères et voisins  algériens qui ont adopté ce mode de gestion depuis 2010, tout en laissant le choix aux clubs de ligue 1 et 2 de créer une société sportive par actions (SSPA) ou de préserver leur statut amateur qui leur permettait de bénéficier d’éventuelles subventions des autorités locales. Le bureau exécutif de la Fédération Algérienne de Football, (FAF), a finit par se réunir l’été 2017 pour exiger que tous les clubs passent au statut professionnel  à partir de la saison 2017/2018.            

 Dans une seconde phase, et une fois les dettes résorbées et la glasnost acquise, les clubs pourraient être côtés en bourse et les capitaux ouverts aux acquéreurs; sociétés et même fans.

Ce n’est pas du domaine de l’impossible. Il suffit de s’y mettre, de préparer le cadre juridique, d’adopter les réglementations qui régissent puis de passer à l’exécution.

Notre football est premier au plan arabe et africain et peut encore s’améliorer et passer à un pallier supérieure en mettant en place l’organisation qu’il faut et le cadre adéquat à l’épanouissement de nos talentueux footballeurs.

Pour ce faire, des clubs bien structurés, des moyens respectables et des entrées d’argent  fixes sont requis.

Madame la ministre, Sonia Ben Cheikh, Messieurs les membres de la Fédération Tunisienne de Football (FTF), tous les décideurs, les intervenants et les acteurs du sport roi; vous voulez marquer votre territoire et laisser votre empreinte; vous savez ce qui vous reste à faire pour les années à venir!       

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