La quatrième édition du festival « Les Journées des Oasis » s’est ouverte jeudi 29 octobre 2026, à Gabès, au rythme vibrant de « La Kharja avec les Boussaadias ». Ces défilés populaires simultanés se sont élancés depuis la Zaouïa de Sidi Khedher à Jara, de Sidi Marzoug à El Menzel et du Jardin des Martyrs à Bab Bhar, réunissant des troupes venues de Gabès, Nefta et Médenine.
Porté par l’association Focus Gabès, ce coup d’envoi haut en couleur a fait revivre, au son du Stambali, la mémoire collective et le patrimoine immatériel de la région.
Toutes les générations confondues, enfants, jeunes et aînés, ont communié au son des chkacheks métalliques, du battement des tambours et des complaintes de la flûte, fascinées par les danses et l’allure singulière de Boussaadia. Cette liesse populaire a traversé les ruelles de la ville pour converger vers le siège de Focus Gabès, où une foule dense s’était massée.
Après la ferveur festive du Stambali, place à l’évasion contemplative à travers trois expositions artistiques. Des sensibilités et démarches diverses réunies autour d’un même fil conducteur : le retour aux racines et au vivant.
Côté arts visuels, la plasticienne Meriem Bouderbala, figure clé de l’art contemporain tunisien depuis 2003, dévoile son installation « Mogods ». À ses côtés, l’artiste malien Koké Tangara revisite l’imaginaire des masques africains ancestraux pour livrer des œuvres vibrantes de vitalité et d’optimisme.
Sur le plan architectural, l’architecte Chacha Atallah s’illustre dans le cadre du projet « Terre Vivante » à travers une scénographie pluridisciplinaire. Elle y réhabilite l’art ancestral de la terre crue, plaidant avec force pour la préservation des techniques constructives traditionnelles comme rempart face à la fragilisation des oasis.
Cette journée d’ouverture s’est achevée par la projection du documentaire “ The Oasis “, produit par la plateforme Nawaat. Le film retrace la lutte emblématique des habitants de Jemna (gouvernorat de Kébili) contre des décennies d’exploitation foncière, mettant en lumière leur combat victorieux et l’émergence d’un modèle pionnier d’économie sociale et solidaire.

