
Depuis quelque temps, les rumeurs sur la santé de l’ex-ministre de la Défense de l’ère Ben Ali, Ridha Grira, ne cessent de s’amplifier. Une chose est sûre, l’homme est malade, très malade même.
Atteint d’un cancer à un stade très avancé, l’ex-ministre, qui aurait décliné tous soins à partir de sa cellule de la Mornaguia, aurait pu être libéré au moins provisoirement pour des raisons humaines. Et ce, afin de bénéficier de soins intensifs dans un centre hospitalier adéquat, histoire d’alléger ses souffrances surtout qu’il n’est pas encore condamné par la justice.
Selon son avocat Hssan Ghodbani qui a appelé à sa libération en « raison d’une faille dans son dossier », son client pourrait même succomber à la maladie.
Etant donné le stade atteint par la maladie et vu l’effritement de son espérance de vie chaque jour qui passe, les autorités ne devraient-elles pas, par décence et par respect pour la personne humaine, libérer ce détenu ou n’importe quel autre dans le même cas afin qu’il puisse bénéficier de soins, dans la dignité.
Si les autorités persistent dans cette position, ne risque-t-on pas de vivre une nouvelle affaire Sahnoun Jawhari ? Et est ce que les dirigeants d’Ennahdha qui sont aujourd’hui au pouvoir ont oublié les souffrances de Jawhari, cet islamiste modéré qui avait succombé en prison sous le régime de Ben Ali.
Malgré son état de santé désespéré, malgré son cancer avéré, malgré les appels d’associations internationales de défense des droits de l’homme, malgré les appels de personnalités influentes de par le monde, le régime Ben Ali n’a pas cédé d’un iota. La suite, on la connaît, l’homme est mort en prison comme un vulgaire clochard, sans que cela n’émeuve personne.
Loin de prendre partie pour l’ex-ministre de la Défense, ni même tenter de le disculper, nous pensons qu’il est du devoir de tout esprit critique et de raison de se demander si, au lendemain d’une révolution censée rompre avec les méthodes d’un autre temps, il est encore normal que nos gouvernants continuent de marcher sur les pas d’une clique qui a géré le pays comme on gère une famille?
Espérons que non ! Souhaitons que le Président Marzouki, le Premier Ministre Laârayedh, le leader d’Ennahdha Gannouchi ou encore le ministre de la Justice interviennent pour prouver que la justice post-révolution vaincra loin de tout esprit de vengence.
Elhadj Oumar
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