Après la célébration de la diplomatie en commémoration du décret du 3 mai 1956 portant rétablissement du ministère des Affaires étrangères, dont c’était le 70ème anniversaire, ce fut ce samedi matin au tour des grands diplomates, disparus ou vivants, de recevoir l’hommage qui leur est dû au cours d’une cérémonie familiale et émouvante organisée sous l’égide de l’Association des anciens ambassadeurs et consuls généraux. La cérémonie fut rehaussée par la présence du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger au milieu d’une pléiade d’anciens ambassadeurs, consuls généraux et hauts cadres du département.
C’est par l’hymne national que débuta la cérémonie qui fut ouverte par Taoufik Jaber, président de l’Amicale des anciens diplômés du cycle supérieur de l’ENA qui a reçu dans ses locaux l’événement. Lui-même ancien ambassadeur, l’hôte rappela que la diplomatie tunisienne est issue d’une grande école créée par des esprits patriotiques qui étaient convaincus que la voix de la Tunisie devrait continuer à se faire entendre dans le monde, une voix respectée, modérée et engagée en faveur du droit. La diplomatie, au service de la patrie ne connaît pas de retraite, a-t-il ajouté, en soulignant que l’expérience accumulée constitue un précieux atout national que nous nous devons de transmettre aux jeunes diplomates.
Ce fut ensuite au tour de Hadi Ben Nasr, président de l’Association des anciens ambassadeurs et consuls généraux de mettre en évidence que la cérémonie d’hommage se veut un moment de gratitude et de reconnaissance envers les anciens diplomates et cadres du ministère des Affaires étrangères qui avaient tissé les relations que la Tunisie entretient à travers sa politique extérieure. Il a rappelé les circonstances de la naissance de l’association qui se veut un lien entre les générations ainsi qu’un gardien pour la préservation de la mémoire diplomatique.
La cérémonie d’hommage a été marquée par l’intervention magistrale de l’ancien ministre Ahmed Ounaïes qui a brossé un tableau de l’histoire séculaire de la diplomatie tunisienne qui remonte bien avant la colonisation française puisque le premier département chargé des affaires extérieures date du règne d’Ahmed Bey I qui régna de 1837 à 1855. D’ailleurs le décret du 3 mai 1956 dont on célèbre le 70ème anniversaire stipule que le ministère des Affaires étrangères est rétabli. Nommé premier ministre le 11 avril 1956, le président Habib Bourguiba annonça la couleur en ajoutant à ses attributions celles de ministre des Affaires étrangères et de ministre de la Défense nationale a rappelé l’orateur qui a mis en évidence toutes les péripéties ayant conduit à la mise en place complète et entière de l’exercice de la politique extérieure de la Tunisie. Il a tenu aussi à rappeler que la doctrine de la politique étrangère de la Tunisie est antérieure au rétablissement du ministère des Affaires étrangères et qu’elle fut l’œuvre de grands militants ayant créé et dirigé les bureaux tunisiens à l’étranger qu’il a cité nommément. Ces bureaux furent créés à Paris, Berlin, Bruxelles, Damas, au Caire, à Bagdad, Jakarta, New Delhi, Karachi ainsi qu’à New York.
Après des témoignages vivants des anciens ambassadeurs Abdelmajid Baouab et Salem Fourati, un hommage émouvant a été rendu aux fondateurs de l’Association des anciens ambassadeurs et consuls généraux ainsi qu’à une pléiade d’anciens ambassadeurs et consuls généraux disparus ou vivants. Des écussons et des diplômes ont été ainsi remis aux familles des disparus chaleureusement applaudies par une assistance émue.
Photo d’illustration : remise de l’écusson et du diplôme par le ministre Mohamed Ali Nafti à Madame Khaouala Mami, épouse du regretté ambassadeur Mondher Mami.

