La Tunisie compte parmi les premiers producteurs et exportateurs de l’huile d’olive dans le monde, mais l’origine reste peu visible, du fait que la majorité de la production est vendue en vrac à l’étranger. C’est le paradoxe mis en lumière par la chaine américaine d’information en continu CNN dans un reportage consacré à la filière tunisienne et à sa difficulté persistante à capter davantage de valeur ajoutée.
L’essentiel de la production continue d’être exporté en vrac
La chaine américaine souligne que l’essentiel de l’huile tunisienne continue d’être exporté en vrac notamment vers l’Espagne, l’Italie et les États-Unis. Elle peut ensuite être conditionnée, assemblée ou commercialisée sous d’autres marques, faisant disparaître ou reléguant l’origine tunisienne aux yeux du consommateur.
Le constat est confirmé par les données tunisiennes. À fin juillet, 86% des volumes exportés étaient encore constitués d’huile en vrac. Sur 368.000 tonnes exportées, seulement 51.500 tonnes étaient conditionnées et donc sous appellation tunisienne.
L’économiste tunisien et professeur aux Etats Unis Fadhel Kaboub, interrogé par CNN, estime que l’enjeu réside notamment dans la maîtrise de la chaîne de valeur. Conditionnement, marques, marketing et distribution permettent de conserver une part plus importante de la valeur jusqu’au consommateur final.
CNN met notamment en avant KAÏA, marque fondée par une franco-tunisienne Sarra Ben Romdhane, comme exemple d’une stratégie différente : commercialiser directement une huile identifiée comme tunisienne et positionnée sur le haut de gamme.
Le conditionné gagne néanmoins du terrain
Selon les données de l’Office national de l’huile (ONH) les exportations tunisiennes avaient désormais dépassé 380.000 tonnes en dix mois, générant environ 4,8 milliards de dinars. 55.000 tonnes d’huile conditionnée ont été été exportées durant la campagne en cours, contre 42.000 tonnes sur l’ensemble de la précédente. L’ONH vise désormais 60.000 tonnes d’ici la fin de la campagne.
Les marques tunisiennes sont également présentes sur 82 marchés étrangers, dont sept nouveaux débouchés.

