IACE - Budget de l’État : Quand une minorité d’entreprises privées porte l’essentiel de l’effort fiscal

IACE - Budget de l’État : Quand une minorité d’entreprises privées porte l’essentiel de l’effort fiscal

Le dernier Blog publié par l'IACE dévoile que derrière les quelque 800 000 unités économiques recensées en Tunisie, la réalité fiscale est bien plus restreinte. Selon le Rapport national sur l’Entreprise 2025, seules 170 000 entreprises sont effectivement identifiées par l’administration fiscale, et à peine 103 756 déclarent chaque année leurs résultats à la Direction générale des impôts, un chiffre en baisse de 8,3 % par rapport à 2023.

Cette structure s’explique par la prédominance des unités sans salariés, qui représentent près de 87,5 % du total. Les entreprises employeuses ne comptent que pour 12,5 %, concentrant pourtant l’essentiel de l’activité formelle, de l’emploi et de la création de valeur.

Contrairement aux idées reçues, le secteur privé constitue aujourd’hui le principal financeur du budget de l’État. Les entreprises privées assurent près de 53 % des recettes fiscales, via l’impôt sur les sociétés (13,24 %), la TVA collectée (environ 28 %) et l’IRPP prélevé à la source sur les salaires (près de 11 %). Autrement dit, plus d’un dinar fiscal sur deux provient directement ou indirectement de leur activité.

Le rapport met toutefois en évidence une concentration croissante de la charge fiscale : moins d’entreprises déclarent, mais celles qui restent contribuent davantage. Cette situation accentue la pression sur un noyau réduit de PME et de grandes entreprises, qui assurent 43 % de l’emploi formel, près de 59 % de la valeur ajoutée nationale, environ 80 % de l’investissement et la majorité des recettes fiscales.

À l’inverse, les entreprises publiques continuent de peser lourdement sur les finances de l’État, avec un déficit net annuel moyen dépassant 2,3 milliards de dinars, soit près de 22 % du déficit budgétaire total.

Le Rapport national sur l’Entreprise appelle ainsi à revoir la lecture statistique du tissu économique et à recentrer les politiques publiques sur l’élargissement de la base fiscale, le soutien aux PME et la réduction de la charge budgétaire des entreprises publiques. Un rééquilibrage devenu indispensable pour garantir un financement public plus équitable et durable.

I.Z. 

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