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Il faut dépolitiser l’union pour la méditerranée « UPM »

16 juillet 2009
in Chroniques
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Tout a bien commencé pour l'Union pour la méditerranée « UPM » conçue certes comme une union politique fondée sur

la parité entre les membres (coprésidence nord-sud), sur la réunion régulière des chefs d'Etat, sur la création d'un secrétariat mais surtout conçue comme un moyen de promotion d’une nouvelle politique de coopération et de développement dans toute la région méditerranéenne.

Lancé officiellement le 13 juillet 2008, le projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) n'arrive toujours pas à prendre son envol un an après.

Initié par le président Français Sarkozy, ce projet que l'on pensait inscrit dans la continuité du processus de Barcelone n'arrive pas à surmonter les obstacles et intérêts divergents dans l’institution d’une véritable coopération euro-méditerranéenne.

Et pour cause, des conflits administratifs bloquent l'avancement de ce projet. En effet, l’UPM ne dispose toujours pas d’un secrétariat, ni de comités permanents chargés de préparer les réunions et de les suivre

Un problème encore plus important d'ordre politique enfonce le clou, c'est bien sûr le conflit du moyen Orient avec les innombrables interventions sanglantes des troupes israéliennes à Gaza qui ont rendu impossible des réunions autour d'une même table entre politiques arabes et leur homologue israélien.

Seule solution… dépolitiser l'UPM !

Pour ceux qui pensent que l'UPM ne pourra bien fonctionner que si la paix règne au Moyen Orient (c'est d'ailleurs la principale cause de l'échec du processus de Barcelone) je réponds qu'il n'est pas besoin d'être spécialiste en la matière pour dire que la paix au moyen orient ne sera pas pour demain.

Avec un minimum de jugeote et de bon sens, il semble clair que les politiques devraient céder la place aux entrepreneurs pour mener à bien ce projet ou plutôt "ces" projets  de plan solaire méditerranéen de dépollution de la Méditerranée, des autoroutes de la mer pour ne citer que ceux-là.

Passer d'une logique politisée à une logique de projets, d’initiatives et d’idées donnera du souffle à l’Union pour la Méditerranée. En effet, en passant outre les conflits politiques et en travaillant ensemble pour un avenir meilleur, les peuples se comprennent mieux, se respectent davantage et peut-être finissent par s’apprécier.

Même si les membres ont pu se réunir à nouveau, d'abord à Paris, le 25 juin, pour la première réunion ministérielle de l'UPM sur les projets de développement durable puis le 7 juillet à Bruxelles pour une réunion des ministres des finances des pays de l'UPM il ne faut jamais perdre à l'idée que ce n’est qu'avec les entrepreneurs que l’on construit l’avenir et pas avec les bureaucrates.

D'ailleurs, dans un entretien que j'ai eu, en décembre 2008, avec M. Philippe de Fontaine Vive Curtaz, Vice-Président de la Banque européenne d’investissement (BEI), ce dernier m'a rappelé que cette success story baptisée Union Européenne « a commencé par un projet (charbon et acier) puis un deuxième (le nucléaire) etc(…) et d'ajouter que ces projets n’ont vu le jour que grâce à la volonté commune des chefs d’entreprises des secteurs en question qui ont poussé les politiques à aller vers cette voie ».

Pour finir revenons un peu au processus de Barcelone pour dire que ce projet n’a pas fonctionné malgré le fait il y avait de l’argent sur la table. Les projets ne pouvaient pas être réalisés parce qu’il n’y avait pas d’accord politique. Alors qu'est ce qui empêche de suivre "une success story" comme celle de l'UE et de dire que même si l’on n’arrive pas à se mettre d’accord politiquement, il faut au moins essayer de réaliser les projets!

Par Mohamed-Hamza Lakhoua
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