Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a alerté sur l’augmentation inquiétante des vagues d’incitation, de diffamation et de dénigrement visant les journalistes, ayant dénombré plus de 20 campagnes de ce type depuis le début de l’année.
Loin d’un simple désaccord d’opinion ou d’une critique du travail journalistique, l’organisation dénonce un processus méthodique. Selon ses observations et documentations, ces attaques constituent souvent le prélude à des poursuites, des arrestations et des procès, en instaurant un climat de stigmatisation et de pression sur les professionnels ciblés.
Ces actions se traduisent par :
- Les atteintes à la vie privée et à la réputation.
- La mise en doute du professionnalisme.
- La diffusion de fausses allégations.
- Les discours de haine.
- Les incitations directes exposant les journalistes et leurs familles à de réels dangers.
Tout en réaffirmant son attachement indéfectible au droit de critique et à la liberté d’expression, y compris le droit de critiquer la presse tout comme le syndicat critique le pouvoir et les institutions, le SNJT précise que cette liberté ne saurait autoriser la diffamation, l’atteinte à la vie privée ou l’incitation à la haine, lesquelles relèvent de la responsabilité légale.
Face à l’absence d’auto-saisine du ministère public, le syndicat a effectué des constats légaux et finalisé les dossiers afférents. Il déposera, dès la semaine prochaine, des plaintes en justice contre plusieurs pages et individus identifiés comme responsables ou impliqués. En parallèle à ce volet judiciaire, le SNJT travaille à l’élaboration d’une liste factuelle et documentée des gestionnaires et participants de ces campagnes afin de s’appuyer sur des preuves irréfutables et les transmettre aux instances judiciaires.
Le SNJT insiste : la reddition de comptes d’un journaliste s’opère par la critique professionnelle, le droit de réponse, de rectification et les canaux légaux, et non par la transformation des réseaux sociaux en arènes de punition. Protéger les journalistes ne signifie pas les placer au-dessus de la critique, mais garantir leur droit d’exercer sans intimidation ni ciblage personnel.
S.G

