Cette image insolite a été capturée à Sfax. Ce citoyen tunisien noir, frustré et fatigué de se faire agresser et contrôler au faciès à chaque coin de rue, opte pour la méthode radicale.
Il se promène désormais avec une copie de sa carte d’identité nationale collée sur la poitrine et une autre dans le dos, accompagnée de la mention : « Je suis Tunisien ».
Il faut reconnaître que ces derniers temps, la chasse aux migrants subsahariens a atteint pratiquement son paroxysme. Sans compter les discours de haine et d’incitation à la haine contre les Subsahariens.
Dans la rue, dans les lieux de travail ou même dans les maisons, la police tunisienne traque sans pitié les migrants subsahariens. Aucune ville, aucun quartier n’est désormais épargné !
Les véhicules de police sillonnent à longueur de journée les rues et ruelles et les arrestations et expulsions de migrants irréguliers se font désormais à la pelle.
La police, visiblement déterminée à lutter contre le phénomène de migration irrégulière, pousse le zèle jusqu’à « oublier» qu’il existe des Tunisiens noirs. Ces derniers ne cessent de manifester leur colère et dénoncer le fait qu’ils sont discriminés, humiliés, harcelés (aussi bien par la population que la police) et assimilés à tort à des étrangers.
Cette scène douloureuse d’un compatriote est révélatrice : lorsqu’un citoyen est contraint d’afficher son identité nationale dans la rue pour ne pas être traité comme un étranger dans son propre pays, cela montre à quel point l’incitation à la haine, les généralisations et les discours qui alimentent la peur et la haine peuvent être dévastateurs.
Lutter contre l’immigration irrégulière ne se fait pas en ciblant les personnes en fonction de leur couleur de peau, ni en faisant de chaque Noir un potentiel suspect.
O.D.

