L’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires a annoncé que les analyses de laboratoire effectuées sur des échantillons d’aliments liés à l’incident d’intoxication alimentaire survenu dans la région de Meknassy ont révélé la présence d’une substance toxique appelée anabasine dans un échantillon d’« ousban ». Des traces de cette substance ont également été détectées, en quantités moindres, dans le bouillon et le couscous, ce qui laisse penser qu’elle s’est propagée à ces aliments lors de la cuisson.
L’Instance a précisé que les résultats scientifiques et les analyses de laboratoire indiquent que l’origine probable de cette substance toxique est le mélange accidentel des légumes-feuilles utilisés dans la préparation du repas avec des feuilles d’une plante sauvage toxique, Nicotiana glauca. Cette plante présente un risque particulier en raison de la ressemblance de ses feuilles avec certains légumes-feuilles couramment utilisés en cuisine, tels que les blettes ou les épinards, notamment lorsqu’ils sont cueillis dans la nature ou achetés auprès de sources non identifiées.
L’Instance a souligné que l’anabasine est une substance hautement toxique pouvant provoquer des symptômes graves et rapides, notamment des vomissements, des vertiges, une faiblesse générale, des troubles neurologiques, des difficultés respiratoires ainsi que des perturbations du rythme cardiaque. Dans certains cas, les complications peuvent entraîner le décès.
Les autorités sanitaires ont appelé les citoyens à éviter l’utilisation de plantes et d’herbes sauvages d’origine inconnue dans la préparation des aliments et à privilégier l’achat de légumes-feuilles auprès de circuits de distribution fiables et réglementés, tout en vérifiant leur apparence et leur provenance avant consommation.
Pour rappel, la délégation de Meknassy, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, a enregistré jeudi dernier, deuxième jour de l’Aïd al-Adha, deux décès à la suite de l’intoxication de neuf membres d’une même famille. Sept personnes ont été transférées à l’hôpital universitaire de Sidi Bouzid pour y recevoir les soins nécessaires.

