Mise en scène par Nizar Saïdi, texte et dramaturgie Abdelhalim Messaoudi, « Jacaranda : Call Center Tragedy » entremêle plusieurs destins broyés par les aléas d’un vécu collectif, de plus en plus asphyxiant.
Cette production du Jeune Théâtre Tunisien (TNT) s’installe, le temps d’une représentation, au théâtre plein air de Hammamet et honore ce 2ème rendez-vous théâtral, retenu lors de cette édition anniversaire, qui approche de sa fin.
Titre intrigant, tantôt poétique, tantôt annonciateur d’une tragédie lente, la pièce met en scène au moins 7 personnages, diversifiés, malmenés par la vie. 7 protagonistes désillusionnés, désenchantés, perdus ou coincés dans un espace-temps étouffant, tel un étau étroit qui se resserre de plus en plus, au fil de l’intrigue.
Ils sont las, épuisés, dénués de rêves, d’espoir. Tels des épaves, ils reflètent les rêves échoués d’une génération à la recherche d’un brin de lumière, d’une issue quelconque pour survivre. Ces même personnages oscillent entre passé fragmenté et présent glissant, en tentant de dessiner un futur inatteignable.
Dans cette tragédie annoncée, un 8ème personnage symbolique les rassemble : le lieu, ce centre d’appel qui opère tel une machine infernale, un Tanit. Un espace qui les rend témoins de leur propre désintégration et qui illustre le drame.
Un Call Center qui alimente l’animosité, la haine, entretient la désunion, efface tout lien sacralisé, amical ou professionnel. Une noirceur scénique s’abat sur 2h de temps, lourde par sa portée, haute en couleurs et en lumière. La pièce est la métaphore d’une société tunisienne post 2011, secouée par d’innombrables crises à l’échelle sociétale, du collectif jusqu’à l’individuel.
À l’affiche, des interprètes montants, citons Hammouda Ben Hassine, Assala Khouass, Anis Kammoun, Thaweb Idoudi, Helmi Khelifi, Mohamed Arafet Guizani, Hasnaa Ghannem. Toutes et tous issus du Jeune Théâtre Tunisien (TNT). La création est le fruit d’une collaboration entre Nizar Saïdi et Abdelhalim Messaoudi, après « Dark Side ».
La pièce de théâtre est truffée de références appartenant à l’histoire du théâtre mondiale ou à quelques unes extraites de la civilisation carthaginoise. Le patrimoine populaire et l’imaginaire collectif tunisien y joue un rôle important et a alimenté la dramaturgie.
Ce soir, 6 août 2026, place à Melhem Zein, la star libanaise venue conquérir son public tunisien, le temps d’une soirée musicale prometteuse.
