À l’occasion de la célébration de la Journée de l’Europe, organisée vendredi 8 mai 2026 à Tunis par la Délégation de l’Union européenne, le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a plaidé pour une refonte du partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne afin de l’adapter aux profondes mutations économiques et géopolitiques actuelles.
En présence des ambassadeurs des États membres de l’UE, de diplomates et de nombreuses personnalités tunisiennes, le chef de la diplomatie tunisienne a souligné, dans une allocution marquant également le 76e anniversaire de la Déclaration Schuman, l’attachement de la Tunisie aux principes fondateurs de son partenariat historique avec l’Europe. Il a toutefois estimé que ce partenariat doit évoluer vers une relation « plus équilibrée, plus équitable et davantage respectueuse des priorités nationales et des choix souverains » de chaque partie.
Mohamed Ali Nafti a notamment considéré que l’Accord d’association conclu il y a plus de trente ans ne répond plus pleinement aux transformations de l’économie mondiale ni aux conséquences des conflits en Europe et au Moyen-Orient. Il a ainsi appelé à une révision du cadre de coopération tuniso-européen, à travers un meilleur accès des produits tunisiens au marché européen, un renforcement des investissements à haute valeur ajoutée, un soutien accru à la transition énergétique et à la transformation digitale, ainsi qu’une intégration plus importante de la Tunisie dans les chaînes de valeur internationales.
Le ministre a également mis en avant le potentiel du capital humain tunisien installé en Europe, estimant que le partenariat devrait davantage tenir compte des compétences tunisiennes ayant contribué au développement économique et scientifique des pays européens.
Abordant les questions de mobilité, il a salué la coopération dans les domaines scientifique, universitaire, culturel et de l’innovation, tout en plaidant pour un assouplissement des procédures de visas au profit des étudiants, chercheurs, entrepreneurs et artistes tunisiens.
Sur le dossier migratoire, le ministre a réaffirmé l’attachement de la Tunisie à une approche fondée sur la responsabilité partagée, la promotion des voies de migration légale et la lutte contre les réseaux de traite des migrants. Il a également réitéré le refus de la Tunisie d’être considérée comme un pays de transit ou d’installation des migrants irréguliers, tout en réaffirmant son soutien aux programmes de retour volontaire assisté.
Évoquant la coopération euro-méditerranéenne, Mohamed Ali Nafti a salué les initiatives visant à relancer la dynamique méditerranéenne, notamment à travers le Pacte pour la Méditerranée, appelant à la mise en place de projets structurants et durables au service de l’intégration régionale.
Le ministre a enfin rappelé que l’engagement démocratique de la Tunisie relève d’un « choix national libre et souverain », inscrit dans les institutions de l’État et dans les aspirations du peuple tunisien à la dignité, à la justice et à la stabilité. Il a souligné que la Constitution tunisienne consacre les valeurs universelles des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, tout en insistant sur la nécessité de respecter la loi et les institutions de l’État.

