
Le saviez-vous ? De par le monde civilisé, la Tunisie est l’un des rares pays qui exploite encore des bacs d’eau douce pour transporter les passagers en haute mer ?
Par définition, un bac est un bateau à fond plat utilisé pour traverser un cours d’eau, un lac, un estuaire ou un bras de mer… (wikipedia)
Des bacs sont exploités par une entreprise publique sous la tutelle du ministère des Transports, et assurent le relais entre l’archipel et le continent ainsi que le transport de passagers, véhicules roulants et marchandises, entre Sfax et Kerkennah.
La traversée dure entre 50 et 70 minutes pour une distance de 14 km, dont 8 km en haute mer, généralement houleuse ! Ces bacs dont la plupart ont été construits en Grèce, de différentes tailles et capacités, et à cause de leur fond plat, sont parfois à la merci des vagues, des vents et des bourrasques.
Le Palmarès de 2013
Cet été 2013, au mois d’août, plusieurs incidents regrettables ont eu lieu, et viennent s’inscrire dans un palmarès des moins honorables, heureusement sans victimes, j’en citerais les plus importants :
1.Le blocage des bacs au port de Sidi Youssef par des petites embarcations de marins pêcheurs exigeant la libération d’un de leur confrère en état d’arrestation à Djerba pour avoir commis le délit de pêcher dans une zone interdite à la pêche.
Aucun bac n’a pu quitter l’île avant 20:00 h, jusqu’à la libération dudit marin pêcheur et la levée du « sit-in marin ». La garde nationale, dont les quartiers sont au port, n’a pas pu intervenir par manque d’effectifs et de peur de violentes représailles…une dure expérience vécue l’été 2012, quand des citoyens brûlèrent le poste et les véhicules suite à un incident similaire.
2.Le blocage de l’accès des bacs au port de Sfax par un bateau de la marine marchande battant pavillon étranger, pour une question de paperasse…
Le bac a dû contourner le bateau pour accéder au port…ce périple a duré 4 heures, dans une mer agitée, ce qui a causé des malaises à plusieurs passagers…
3.Le 1er Septembre dans la matinée, en faisant des manœuvres pour accoster dans un port bondé d’embarcations, un bac en percute un autre, sans faire de victimes, au demeurant plusieurs voitures ont étés endommagées….
4.Le même jour, dans la soirée du 1er septembre, une tempête a pris de surprise des bacs près du port de Sfax, ce qui a causé la collision entre deux de ces embarcations.
Suite à la panique des passagers, une dame a failli être fatalement piétinée. Plusieurs véhicules entassés dans un espace exigu ont été endommagés. Les réparations des véhicules endommagés ne sont pas pris en charge par les assurances, puisqu’il est impossible de faire des « constats à l’amiable »…
Tous les voyages ont été reportés au lendemain. Des centaines de personnes n’ont pas pu regagner leurs postes de travail.
5.Un autre bac pris dans une tempête a échoué en eaux peu profondes emporté par les vents violents…il a fallu plusieurs heures pour le dégager ! Les passagers ont piqué une peur bleue…
Cette situation s’aggrave d’année en année suite aux changements climatiques, et aucunes dispositions n’ont été prises par les autorités, à part celles prises par Ben Ali lors de sa visite à l’archipel en Août 2007 mais qui sont restées lettre morte !
Des Solutions !
Ces incidents bien confirmés, soulèvent plusieurs questions. Toutefois des solutions sont envisageables à moyen et long termes:
1.Tous les pays civilisés ont remplacé les bacs par des ponts pour les traversées en mer…à quand pour Kerkennah ? à défaut, il faudrait remplacer les petits bacs d’eau douce par de plus grands, plus aptes à résister aux vagues et aux caprices de la météo, dans le cadre de la modernisation de la flotte déjà vétuste.
2.Renouveler graduellement la flotte des bacs par des ferrys réputés bien plus adaptés à naviguer en haute mer, moins polluants et plus rapides.
3.Les régulateurs de la salle de contrôle doivent mieux exploiter les bulletins de la météo pour éviter de tels incidents.
4.Concevoir et mettre en œuvre des programmes de recyclage et de formation continue aux capitaines et au personnel navigant.
5.Entamer des travaux pour agrandir le port de Kerkennah (Sidi Youssef) pour augmenter sa capacité d’accueil et conséquemment la fréquence des voyages. Surtout durant la haute saison où l’île accueille plus de 150 000 VACANCIERS ET PRÈS DE 30 000 VOITURES…
Actuellement, ce port ne peut accueillir qu’un seul bac à la fois causant de longues files d’attente qui nourrissent l’anxieté et l’agressivité des voyageurs.
6.Mettre en place un « Conseil Economique & Social Local » qui traiterait les problèmes et proposerait des projets traductibles sur le terrain pour le développement économique et social de l’archipel…
Épilogue
L’archipel pourrait ainsi retrouver ses lauriers et deviendrait un investissement recommandable même pour les étrangers, sans oublier les nouvelles créations d’emplois durables qui en découleraient dans divers domaines: Tourisme, Agriculture, Ports de Plaisance, Industries Agro-alimentaires, Energie, etc…
Pour le moment, tous ces problèmes, le ministère des Transports et le gouvernement provisoire s’en moquent comme d’une guigne…cela va sans dire des autres problèmes de l’île que je pourrais énumérer jusqu’à la nausée.
C’EST REGRETTABLE POUR UN ARCHIPEL QUI A UN GRAND POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT ET QUI DEVIENT DE PLUS EN PLUS UN ENDROIT PRIVILÉGIÉ DE VILLÉGIATURE AUSSI BIEN POUR LES ÉTRANGERS QUE POUR LES TUNISIENS QUI VIENNENT SE RESSOURCER EN FAMILLE CHAQUE ANNÉE.
Dr Farouk Ben Ammar
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