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L’ « Identitarisme » OU L’intégrisme contemporain

8 juillet 2011
in Chroniques
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L’intégrisme est la négation de l’altérité. C’est une volonté destructrice de l’autre, parce qu’il est autre, au profit de soi, qui est supposé être le tout.

Je suis moi et toi tu dois être moi ou mourir. L’intégriste considère l’autre comme un ennemi à abattre.

La foi forge systématiquement ses idoles à son image. Il devient évident dés lors que pour les intégristes religieux, l’altérité est un non-sens. Il n’existe que des reflets de l’image de dieu, qui n’est autre que soi-même. Puisque l’autre n’existe pas dans son altérité, il devient « ordinaire » de l’exterminer.

L’intégrisme est ordinaire, « banal », quotidien, quand il va de soi, c’est-à-dire quand il est insidieusement enraciné et à partir de là, qu’il s’exprime avec naturel. Il est ordinaire par ailleurs quand il est prosaïque et métonymique, quand ses cibles sont des détails interprétés comme signes extérieurs de différence, donc d’humanité, donc à éradiquer.

A l’origine des intégrismes dans le monde Arabo-Musulman

Dans le monde arabo-musulman aujourd’hui, les intégrismes découlent de trois phénomènes : l’exacerbation (parfois consciente, parfois inconsciente) des formes les plus totalitaires de l’islam, le caractère autoritaire des régimes politiques dans lequel il s’est englué depuis des décennies et l’archaïsme de la structure sociale patriarcale.

Ces phénomènes ont un point commun fondamental : l’UNICITÉ. Il n’y a de dieu qu’allah, les autres dieux ne valent rien et ceux qui y croient doivent être reconvertis de force et même exterminés s’il le faut pour le règne d’allah et de son prophète sur toute la planète. Il n’y a de guide providentiel, de parti politique et de régime de gouvernance, que seul, unique, sans opposition de quelque nature que se soit et sans contre-pouvoir de quelque forme que se soit : c’est celui qui est en place.

Arbitraire, sécuritaire, délétère, sont la devise de l’état de non-droit. Ceux à qui ça ne plait pas sont arrêtés, battus, torturés, emprisonnés, exilés, tués. Ces deux aspects ont découlé entre autre d’une structure sociale ancestrale : le patriarcat.

Au sein de la plus petite cellule sociale qu’est la famille : un seul statut compte, auquel tous les autres sont subordonnés de façon presque esclavagiste dans certains cas, celui du Père, « le dieu de la maison ». Être totémique tout puissant dont la régence est indiscutable et au pouvoir absolu dans sa petite dictature structurelle et spirituelle personnelle qu’est sa famille.

Ces trois régimes (l’un religieux, l’autre politique et le troisième social) s’interpénètrent profondément. Ils trouvent dans cette sorte d’oligarchie intégriste ordinaire que nous vivons, une stabilité momentanée.  

L’ « IDENTITARISME »

L’origine elle aussi est unique. L’origine est l’ensemble des indéterminations qui déterminent l’être humain à sa naissance : date et lieu, père et mère, environnement racial, économique, religieux, culturel, etc. Elle est l’héréditaire, l’héritage restreignant à la naissance.

L’origine n’est pas l’identité. Au contraire. L’identité n’est pas une mais multiple, efflorescence. On ne naît pas avec ses identités, on les devient. Et ce, malgré son origine. Les identités se sont les désirs réalisés de soi. Je ne suis pas ce que je suis. Je suis ce en quoi je me construis malgré ce que je suis. Je suis moi envers et contre moi. Les identités d’une personne se sont les au-delàs conscients de son origine. Quand l’origine devient identité, elle est « identitarisme ».

L’ »identitarisme » est ce qui sépare l’être de l’autre, ce qui sépare le corps du corps. Mon « identitarisme » est ce qui me différencie de toi, avant d’être ce qui me rapproche de l’autre. L’ »identitarisme » n’est pas question de différences mais de différentiations. C’est par exemple l’idée promue par le gouvernement Sarkozy en France d’une éventuelle « identité nationale » qu’il faudrait de surcroit protéger politiquement de l’autre. Plus globalement, c’est la droitisation de l’occident et l’islamisation de l’orient.

Par ismaël

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