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La Constitution tunisienne saluée comme un « modèle » par l’Occident !

8 janvier 2014
in Chroniques
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Après des mois de controverses, de tiraillements, et même de couteaux tirés, l’Assemblée Nationale Constituante vient d’approuver les premiers articles de la nouvelle Constitution. Une Constitution, il faut le reconnaître, qui a fait couler autant de salive que d’encre. On craignait l’imposition de la Charia par les islamistes, une prise en otage de la démocratie et même une théocratie qui risquerait de nous faire regretter pour longtemps le règne de Ben Ali. Et pourtant, et pourtant, il n’en fut rien de tout cela.

Au contraire, c’est une Constitution inattendue qui a été « pondue » et qui a pris de court le commun des Tunisiens. Une constitution qui contient des dispositions progressistes inédites dans le monde arabe. Des dispositions saluées même par la presse occidentale. Figurez-vous que la Constitution contient des articles qui feraient même pâlir d’envie certaines constitutions européennes.

Egalité entre hommes et femmes, égalité même devant l’héritage, liberté de conscience et de croyance, telles sont les dispositions révolutionnaires inscrites dans la Constitution. Ce qui n’est pas rien dans un pays de culture arabe et où l’extrême majorité de la population est musulmane. Un point salué par Olivier Ravanello, spécialiste des questions internationales, qui commente en ces termes: « En Tunisie, la démocratie est toujours là. Les principaux articles de la Constitution sont en train d’être promulgués. On trouve un élément fondamental: égalité entre hommes et femmes.C’est absolument fondamental dans une société patriarcale. La loi promet même l’égalité devant l’héritage. On est en train de débattre même de la parité dans les assemblées pour l’inscrire dans la Constitution, ce qui n’est pas le cas même en France. »

Mais ce qui a beaucoup plus charmé la presse occidentale, c’est que l’Assemblée constituante tunisienne a approuvé les premiers articles de la future Constitution, garantissant la liberté de conscience et de culte. Elle fait ainsi de l’État le « protecteur du sacré », le garant de la liberté de conscience et de croyance, mais rejette la Charia comme source de droit.

« La Constitution garantit le libre exercice du culte, pas de l’Islam. Ce qui veut dire de tous les cultes. C’est clairement une séparation de la mosquée et de l’Etat. Et c’est possible dans une culture arabe et même musulmane et dans un pays où l’extrême majorité est de confession musulmane. », s’extasie le spécialiste cité plus haut.

Bien que certains libéraux critiquent l’article 21 et exigent qu’on inscrive l’abolition de la peine de mort dans la nouvelle Constitution, et l’interdiction de l’IVG, il n’est pas l’ombre d’un doute que ce qui est en train de se passer en Tunisie est vu, ailleurs et un peu partout (n’en déplaisent aux plus pessimistes) comme « un modèle qui servira de contre-modèle à ce qui se passe actuellement dans le monde arabe ». Juste pour rappel, des pays foncièrement ancrés dans la démocratie ont pourtant interdit l’IVG, citons l’Irlande, l’Espagne qui y réfléchit, et les USA où de nombreux Etats l’ont interdite…

Les islamistes sont-ils en train de lâcher du terrain? Ont-ils mis un peu d’eau dans leur « thé »? Assurément, c’est un aggiornamento qu’ont fait les islamistes avec cette nouvelle Constitution.

Alors qu’on disait des révolutions qu’elles ont échoué (Libye, Syrie, Egypte…), la Tunisie vient de prendre un énorme virage qui fait encore clouer au pilori le plus averti des prévisionnistes. Si les discussions évoluent dans le même sens, la Tunisie pourrait, à travers cette Constitution, relever désormais la tête et envoyer des signaux fort positifs au monde entier en matière de démocratie et d’égalité.

O.D.

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