
En proie à des mouvements de contestations sociales à répétition, depuis deux années, la Compagnie des Phosphates Gafsa (CPG), ainsi que le Groupe Chimique Tunisien (GCT) tardent à reprendre leur souffle. Une chute importante de la production de phosphate, 70% du volume des activités de la compagnie a été constatée.
La CPG et le GPG devront naviguer entre moult périls: d’un côté, les contestataires qui faisaient tout pour déclencher des grèves, pour des revendications insensées et inopportunes et barrer la route aux ouvriers, aux lignes ferroviaires, aux circuits empruntés par les camions chargés de phosphate et aux bus de transport du personnel., et de l’autre côté, faire face à la colère des agriculteurs qui réclament des dédommagements, aux fortes pressions des demandeurs d’emploi et à un négociateur inflexible : le puissant syndicat …« Entre 2011 et 2012 les pertes ont été évaluées à 2000 millions de dinars. L’on perd quotidiennement 3 million de dinars. L’effectif qui était de 9 000 employés a atteint, aujourd’hui, l’énorme nombre de 27 000, et qui ne produisent que le cinquième de la production effective. Si cette situation perdure, alors d’ici quelques trois mois, la Compagnie des Phosphates Gafsa (CPG), ainsi que le Groupe Chimique Tunisien (GCT) sombreraient dans un marasme total et la région ira droit vers le suicide », c’est le cri de détresse lancé par Romdhane Souid, directeur général des mines au ministère de l’Industrie.
L’explosion de colère des Tunisiens étouffés par l’injustice était bien réelle. Les élites face aux vrais problèmes des jeunes continuent, inconsciemment à se conforter dans des débats assez loin des préoccupations immédiates ou projetées des souffre-douleurs et de cette jeunesse, renvoyant à plus tard la résolution des lancinantes questions. Le manque de visibilité et le flou perdurent encore.
L’image de la nouvelle Tunisie souffre d’un déficit à l’étranger. L’économie sociale également.
Mais n’en a-t-on pas exagéré, voire même exploité la situation pour dépouiller la patrie, parlant des gens qui ne songent qu’aux moyens de se rendre plus riches et plus grands, ou pour des absurdités politiques, qui poussent les citoyens les uns contre les autres ou pour des monstrueux excès de ceux qui nous gouvernent ou qui nous représentent, desquels la Tunisie se trouve épuisée ?
Oui ! Le sens du patriotisme sincère, l’attachement profond et le dévouement à la patrie, se sont affaissés dans notre pays. Oui, je parle de ce patriotisme qui aurait pu faire tant de merveilles dans ce petit-grand pays : la Tunisie !
Abdelhamid Ferchichi
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