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La dérive autoritaire du nouveau « Raïs » !

25 mars 2014
in Chroniques
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Depuis un certain temps, le nouveau « Raïs » fait régner la terreur au pays des Pharaons  pour consolider son pouvoir hégémonique, et la vague propagandiste visant à stigmatiser toute appartenance aux « Frères» en les taxant d’ennemis et de traitres à la Nation témoigne de cette dérive génocidaire jamais vécue en Egypte.

Les arrestations arbitraires, les procès fantaisistes, la fermeture rocambolesque de plusieurs chaines de télévision et les dernières condamnations à mort de 529  activistes de la confrérie  constituent le tournant dictatorial d’un régime qui devait assurer la transition démocratique tant espérée par tous les égyptiens après la chute de Morsi.  

Sissi serait-il en train de museler la liberté et de semer la panique parmi les Egyptiens pour mieux les manipuler et les contrôler ? Les dernières manœuvres démontrent clairement que le Rais n’est pas prêt à passer la main et qu’il est désormais le seul maitre à bord.

Auréolé par une aura de sauveur de l’unité nationale après l’échec flagrant de la politique des « Frères » et leurs vaines  tentatives de diviser le pays et le peuple, le Rais s’est senti pousser des ailes et dans sa quête de restaurer l’autorité de l’Etat et de prémunir son pays de l’extrémisme et de l’obscurantisme religieux, il est devenu incontrôlable.   

C’est désormais inscrit dans l’ADN des gouvernants arabes de toutes obédiences, qu’il soit islamiste, militaire ou nationaliste, le chef politique n’aime pas qu’on lui vole la vedette. Nos pays ressemblent à s y méprendre à un poulailler où il n’y a qu’un seul coq qui fait la loi et des poules qui le suivent et le courtisent et il suffit de scruter la réaction des millions d’égyptiens scandant le Rais malgré son penchant dictatorial ou les foules de suiveurs Nahdaouis appelant et priant Laareyedh à reprendre le pouvoir le jour de  la commémoration de la fête de l’Indépendance.  

La dérive autoritaire du nouveau régime et le retour à l’arbitraire et à la pensée unique contraste avec le rêve de liberté  caressé par le peuple égyptien. La transition démocratique est entachée  et la cohabitation pacifique entre islamistes et progressistes  est plus que jamais compromise.

Il est un devoir pour tout homme démocrate et progressiste  qui se réclame de cette stature  de ne pas être complice du silence d’une si tragique trajectoire globaliste qu’est la condamnation arbitraire de toute appartenance à la mouvance islamiste et la seule porte de sortie de cette crise qui couve au pays des Pharaons passe inéluctablement par l’instauration d’un Dialogue National qui garantirait le pluralisme politique et la cohabitation pacifique entre toutes les composantes de la société.  

Aujourd’hui devant cette déferlante  de condamnation à mort, l’ouverture d’une passerelle de communication entre le Rais et la Confrérie des Frères  devient une nécessité  afin que la culpabilité ne soit pas subjective et collective. Nul ne pouvait prophétiser une telle issue à la révolution égyptienne  et la nouvelle haine entre islamistes et progressistes n’est pas la résultante de convictions religieuses car l’Islam prône l’amour, la fraternité et la paix , mais la résultante de constructions politiciennes basées sur le refus de l’autre et la négation de la liberté .

Comme en Tunisie, les propagandistes  égyptiens des 2 bords s’activent pour désigner les ennemis qui s’opposent à volonté divine   pour les uns et au progrès et à la liberté pour les autres. L’idéologie de la haine est entretenue par les discours politiciens et relayée par les poules suiveuses et le résultat est sans appel : clivage social, refus de l’autre, chasse à l’homme collective, haine latente, pourrissement de la cohabitation et risque d’implosion et de chaos généralisé.

La réconciliation  est l’ultime espoir pour les égyptiens et le Rais et ses adversaires politiques de la Confrérie devraient œuvrer pour un dialogue historique et salutaire basé sur la tolérance,  le patriotisme, l’acceptation de l’autre, le refus de l’extrémisme, l’éradication  de la violence et la cohabitation pacifique  entre toutes les composantes du peuple égyptien.

Jalel JEDDI

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