
Les spéculations vont bon train, les listes des ministrables s’allongent, les déclarations fusent de partout et la Tunisie ressemble de plus en plus à un bazar politique ou se côtoient les hommes de tous bords.
Ceux qui s’accrochent aux fauteuils, ceux qui bradent les principes pour des strapontins, ceux qui veulent profiter de la situation, ceux qui vendent leur âme pour un poste, ceux qui veulent se venger et ceux qui défendent une vision pour les Tunisiens de plus en plus touchés par le chômage, l’augmentation du coût de la vie, l’insécurité, la violence et la précarité. Ils sont dépités de l’attitude des politiques qui ferment les yeux sur ces préoccupations réelles pour recentrer le débat public sur l’identité, la religion et l’arabité.
Dans cette cacophonie, aucun parti et aucune personnalité ne semblent faire l’unanimité parmi une population de plus en plus dépitée, divisée et déçue. La Tunisie a besoin d’une personnalité ayant la stature de fédérer ce peuple qui se déchire et de renouer le dialogue entre toutes ses composantes, d’un homme ayant la légitimité de redonner à la Tunisie son lustre et son rayonnement et la capacité de comprendre les problèmes économiques, sociaux et structurels du pays et la force de restaurer l’autorité de l’Etat et d’instaurer un climat de sécurité.
La grisaille s’éternise, le bal des ignorants s’étend et les Tunisiens ont besoin d’éclaircies pour recommencer à vivre, à rêver et à espérer à ce que leur REVOLUTION ne ressemble pas à d’autres révolutions qui ont vu les opportunistes profiter des finances, les lâches profiter du pouvoir, les gourous profaner la vérité, les mafieux saccager l’économie, les ignorants propulsés en savants, le petit peuple s’appauvrir et la société civile noyée dans ses désillusions .
Ce que nous vivons en Tunisie renforce l’idée que ce sont les intelligents qui pensent et réfléchissent la révolution, les démunis, les rêveurs et les passionnés qui la font et les opportunistes, les politiciens et les lâches qui en profitent.
Ainsi l’allusion à la liberté, la dignité et l’emploi, slogans levés par les millions de Tunisiens pour tomber la dictature est supplantée par l’allusion à de nouvelles références totalement étrangères à la révolution comme l’islamisation du pays, la politisation des mosquées, le jihad, le partage de pouvoir et le régime politique et l’espoir venu de l’unité d’un peuple au sortir d’un règne personnel cède au désespoir de ce même peuple face à cette confiscation clanique du pouvoir.
Face à une situation qui empire, à la recrudescence de la violence , aux prix qui flambent, à une classe politique qui se déchire pour le pouvoir et qui n’arrive pas à former un gouvernement, à ces pseudo- révolutionnaires, à ces nouveaux mafieux déguisés, dépités, aigris et déçus, beaucoup de Tunisiens ne se cachent plus pour regretter le temps de la dictature ou malgré la main mise de la famille régnante, les libertés muselées et les dérives , arrivait à maitriser les prix, à contrôler l’inflation, à garantir les emplois existants et offrir aux Tunisiens une vie en toute sécurité sans menace wahhabite et extrémiste, sans division, sans gourous et sans dogmes.
Jalel JEDDI
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