Vieux pont de la liberté et des nuits suaves d’été
Ta ville te regrettera, certes, mais ne t’oubliera jamais
Tes poutres en aciers, défient encore le temps
Bien des martyrs les ont marquées par leur sang
Quand on passe sous toi, on entend les soupirs
De ceux que tu as sauvés des mains des sbires
Hélas, une poignée de gens mus par mercantilisme
Veulent te sacrifier sur l’autel du modernisme
Désormais, les bourreaux ont dressé le gibet
Pour t’achever, enfin, là même où tu es né
Et dresser à ta place séculairement héritée
Une monstruosité en béton et en acier
Déjà des machines aux airs de chimères
Mordent à belles dents dans ta fragile chaire
Vieux pont, nous avons appris à respecter nos vieillards
Les vénérer et honorer toujours leur noble mémoire
Mais devant l’ignorance notre innocence perd courage
Nous consolant par les adages des vieux sages
Si tu tombes, toute une histoire succombera
Et sous les gravats, tes gémissements on entendra
Certes, tu hanteras les nuits de tes meurtriers
Qui de toute conscience semblent être dénués
Pardonne-nous, si nous faillissons à notre devoir
Mais que peut-on contre l’or sonnant et son pouvoir ?
Quand la vénalité et l’argent font pot commun
Ton devenir est entre les mains du tout divin.
Farouk Ben Ammar
La Marsa, Décembre 2013
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