
Avec ce tsunami de libertés brusques qui s’abat sur la Tunisie, cette rafale de discours violents qui balaient nos tendres têtes et ces nouvelles postures paternalistes revendiquant un tutorat sur le peuple, un virus est en train de gangrener et de métastaser notre corps sociétal qui se nourrit de division ,du refus des différences et de la non acceptation de l’autre.
Nonobstant les divergences d’idées et l’opposition de style, c’est certainement l’autisme, la surdité et l’Alzheimer dont sont atteints nos politiques et nos élites qui veulent effacer des pans de notre civilisation millénaire, réécrire leur propre histoire et ne pas assumer leur passé qui les poussent à se livrer à cette guerre sans merci.Une guerre sale et nauséabonde sans vainqueurs ni vaincus avec des gens que pourtant tout unit, religion, langue, patrie, histoire, civilisation mais qui hélas pour les raisons d’un passé non assumé et d’une paternité non identifiée s’affrontent et se livrent à une bataille sanglante en se servant du PEUPLE comme munition, de l’unité de la Patrie et de la Paix Civile comme punition et de la révolution comme Tranchée.
Quand le peuple renait en Janvier 2011, son affiliation ne fait aucun doute et il est certainement le fils de sa mère révolution et ses ancêtres indépendance et libération mais son père reste inconnu et aucun politique ou leader ne peut revendiquer cette paternité et les polémiques et discours pour la garde et la tutelle de ce peuple sont et seront vaines car dans l’ADN de ce peuple , il y a les traces indélébiles de son histoire, sa civilisation, son identité, son patrimoine, ses traditions, ses acquis ,sa spécificité, son vécu et son ingéniosité.
Plus le temps passe et le peuple grandit, plus on constate cette surenchère de paternité et le nombre de pères biologiques se multiplie pour revendiquer un tutorat et un droit de regard sur l’éducation ,le mode de vie, l’instruction ,l’identité et l’avenir de ce peuple vaillant, libre , fier de ses origines et multiple, qui assume son passé ,ses différences, ses contradictions et qui revendique son droit inaliénable de disposer de lui-même et de décider de son mode de vie et de son avenir.
Ce peuple ne reconnaîtra que cette adorable Tunisie comme mère et génitrice légitime, cette usine à fabriquer l’amour et l’unité et qui dessine de l’encre du patriotisme les contours d’une société aimante, harmonieuse, tolérante et qui accepte ses différences. Une mère au grand cœur, protectrice, battante et qui érigera une infranchissable muraille d’autodéfense contre des pères qui prônent à choisir entre ses enfants et les embourber dans le sombre tunnel du désamour et de désunion.
Jalel Jeddi
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