
Je ne suis pas un analyste politique et encore moins un fin connaisseur des arcanes de la vie des partis mais un simple observateur d’une vie politique bouillonnante, pleine de surprises et de rebondissements où triomphe les contradictions, les ruses, les surprises et les manipulations en tous genres.
Personne n’a le monopole des valeurs nobles de la probité, de l’intégrité et de l’honnêteté. On peut sans doute changer de politique, de gouvernement, d’alliances contre nature, de convictions mais on ne peut jamais changer les règles de jeu purement politique basées sur l’appétit insatiable de pouvoir, le retournement de situation, la malice et la malléabilité intellectuelle.
A l’heure de notre construction démocratique, peut-on vraiment concilier la politique avec les valeurs de la probité et de l’honnêteté intellectuelle ?
Pressenti au poste de Premier ministre et présenté comme indépendant et au-dessus des partis lors des travaux du dialogue national et des négociations qui s’ensuivirent, Mohamed Ennaceur a surpris tout le monde par sa nomination en tant que vice-président du parti Nidaa Tounes.
Ses soutiens, ses lobbyistes et surtout l’Alliance Démocratique qui ont usé de tous les stratagèmes pour l’imposer et en faire le candidat idéal au vu de son intégrité et de sa stature de fédérateur et d’homme de consensus n’en reviennent pas.
Le désaveu est brutal et l’ambigüité plane désormais sur la supposée indépendance de certains hommes politiques.
Les valeurs de probité, l’honnêteté intellectuelle et les réputations chèrement acquises sont mises à mal avec autant de cynisme. Que Mohamed Naceur soit nommé vice-président d’un grand parti n’a rien de surprenant. Il a les qualités intellectuelles, l’expertise et le vécu politique pour de telles responsabilités mais en répondant aux sirènes de Nidaa, juste un mois après la clôture du dialogue,il a trahi ses soutiens et a terni son image de leader fédérateur au-dessus des appartenances politiciennes.
L’histoire retiendra que la naïveté et la morale n’ont pas de place dans les batailles politiques et si certains capitalisent sur la religion pour afficher une honnêteté de façade et amadouer leurs troupes d’autres misent sur la supposée indépendance pour tromper leurs alliés et construire leurs images.
Faiseurs d’opinion, catalyseurs d’idées et pourvoyeurs de conscience, les hommes politiques se doivent de baliser les fondements d’une vie publique basée sur la tolérance, l’honnêteté intellectuelle et l’intégrité morale.
Jalel JEDDI
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