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La relance de l’agriculture africaine

1 juillet 2008
in International
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L’accélération de l’urbanisation en Afrique s’est, désormais réalisée au dépend de l’agriculture. Un secteur dont la mauvaise performance liée directement du sous- investissement, a rejaillit nettement, ces derniers temps, avec la crise alimentaire qui se profile à l’horizon.

Une crise dont l’impact sur l’Afrique serait des plus néfastes et dont la solution en tous cas, la plus plausible, semble être, la relance de l’agriculture. Un secteur dont la mauvaise performance est directement lié au sous investissement.

Il est vrai qu’au cours de ces dernières années, on assisté à une forte urbanisation de l’Afrique, qui s’est opérée au dépend du secteur agricole. Cependant, l’Afrique a enregistré, une légère croissance de l’ordre de 3%, dont 1% pour le secteur agricole.

Mais, cette croissance a été insuffisante pour la réduction de la pauvreté. Pour ce faire, les experts recommandent, sur le plan macroéconomique, une amélioration du secteur agricole, commerciale ainsi que l’environnement politique.

A l’échelle internationale, les changements sont tellement rapides que l’Afrique se retrouve, le plus souvent, le parent pauvre du développement.

Elle manque de moyens, de techniques et d’outils pour assurer sa révolution, augmenter sa croissance et relancer son agriculture.

A cela s’ajoute d’autres mutations non moins importantes, dont le développement du secteur privé, la promotion de la biotechnologie, des carburants….

L’agriculture pourrait constituer, au regard des experts, un moyen efficace pour réguler la pauvreté dans les années à venir.

Une tendance à la baisse de l’aide internationale

Un secteur qui force est de le reconnaître a été déserté par l’Aide Internationale, au profit d’autres créneaux.

En effet, l’agriculture ne représente, aujourd’hui, que 4% de l’aide, alors qu’il représenté environ 80%, auparavant.

En d’autres termes, le volume de l’aide est passé de 5 Milliards de dollars, entre 1974 et 2005, à uniquement 2 Milliards, aujourd’hui.

Et, pourtant, ce ne sont pas les institutions d’aides qui manquent avec en prime l’apparition de nouveaux partenaires donateurs, internationaux.

En effet, il existe dans le monde, 233 agences multilatérales, 51 bilatérales, 700 Organisation Non Gouvernementale, et des dizaines de milliers d’association à base communautaire. Parallèlement, la Chine a rejoint le rang des donateurs.

Et, en dépit de ce nombre impressionnant le volume de l’aide accordé à l’agriculture a baissé. Et, même si la globalisation a concerné pratiquement tous les secteurs d’activités économiques, le secteur agricole est encore loin du compte.

Le secteur agricole africain a un besoin urgent d’avoir accès aux marchés de l’OCDE, afin de réussir à se développer et à contribuer dans la réduction de la pauvreté.

D’où, l’impératif de repenser le rôle des Etats dans le développement rural, le soutien des petites exploitations, la concentration sur rentabilité et l’accès aux marchés.

La conférence sur la relance de l’agriculture en Afrique : incidences sur l résolution de la crise alimentaire a réuni des représentants de haut niveau des gouvernements africains, des institutions multilatérale et des donateurs pour examiner les défis et les opportunités de l’agriculture africaine dans le contexte de la crise alimentaire actuelle.

S’agissant des défis, ils concernent principalement, la sécurité sociale, l’accès aux marchés, l’équité des genres, le règlement des problèmes fonciers, la prise en charge des personnes vivantes avec le virus du Sida, dont l’impact sur le manque de la main d’œuvre agricole est important.

Mais encore, il faudrait œuvrer en faveur de la levée des barrières entravant le développement du commerce, afin de garantir une intégration commerciale africaine.

Il ne faut pas omettre, par ailleurs, que le manque de performance de l’agriculture en Afrique est du au sous investissement dans la recherche scientifique, alors que l’Afrique compte 400 institutions privées et publiques de recherche, 300 universités dont 96 publique spécialisées dans l’agriculture.
Les défis sont certes importants mais des opportunités existent. Il suffirait de savoir les exploiter pour que l’Afrique puisse tirer son épingle du jeu. Parmi les opportunités, les experts citent la nouvelle architecture de l’aide internationale, et la nécessité de coopération entre les différentes bailleresses de fonds.

Promouvoir le secteur agricole

La conférence a permis aux participants d’identifier les moyens à même d’améliorer l’agriculture africaine et de garantir la sécurité alimentaire, de contribuer à la croissance durable et équitable ainsi que d’atteindre les OMD, sur le continent.

Force est de reconnaître que l’impact de la crise alimentaire mondiale sur la pauvreté en Afrique, et ses implications à court et à moyens terme ont été, également au centre d’intérêt de la conférence, organisée, récemment par la BAD, à Tunis.

Une douzaine de pays en Afrique, soir près de 150 millions de personnes courent des risques sérieux, surtout les pauvres des zones urbaines, les mères et les enfants en bas âges, les personnes vivant avec le VIH/Sida et le pauvres des zones rurales. Car, le déficit de denrées alimentaires est estimé, à quelques 35,8 Millions de tonnes métriques. Et ce n’est en rien un problème à court terme.

La solution de ce problème, et non des moindres devrait être, d’après les experts, à long terme, dans une optique de promouvoir la productivité agricole et ce, en fournissant l’appui nécessaire aux agriculteurs qui, jusque-là, n’ont pas pu accroître leur production en raison du coût élevé des intrants et n’ont pas réussi à garantir la rentabilité adéquate.

Déjà, face à l’ampleur de la crise, la BAD a engagé un milliard de dollars supplémentaires, en sus, des 3,8 Milliards de dollars actuels, en faveur de l’agriculture en Afrique.

Elle a, par ailleurs, décider de procéder à la restructuration de son portefeuille pour dégager quelque 250 millions de dollars, à titre de ressources à décaissement rapide, pour l’achat des intrants et engrais qui seront requis, au cours des 12 prochains mois.

Parallèlement, le Président de la BAD avait annoncé, il y a quelque temps, à Tunis, que le groupe de la BAD opérationnalisera le mécanisme africain pour les engrais en vue d’accroître l’utilisation d’engrais dans les petites exploitations agricoles.

Plus encore, la Banque de développement dont le concours global, avec le FIDA, représente un peu plus de la moitié des interventions d tous les donateurs dans le secteur agricole du continent, réorienterait une part importante de son portefeuille infrastructure pour dynamiser les investissements dans les infrastructures d’irrigations, qu’elles soient petites, grandes ou en milieu rural.

Sans compter que le groupe renforcera ses activités tendant à réduire les pertes post récoltes, là où, l’on estime que même une réduction de 10% de ces pertes permettrait d’engranger 5 millions de tonnes supplémentaires de céréales.

Par ailleurs, la BAD envisage des mesures supplémentaires, dont l’appui budgétaire pour permettre aux pays affectés de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés, sans pour autant compromettre leurs réformes économiques.

CH.KH
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