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La Tunisie accusée d’utiliser les méthodes de l’ancien régime contre les salafistes

12 mars 2014
in International
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En Tunisie, il y a les salafistes quiétistes, pas du tout intéressés par la vie politique. Et il y a les autres, qui rejettent en bloc la démocratie et prônent l’instauration d’un Etat islamique à n’importe quel prix. Selon un porte-parole du ministère de l’intérieur tunisien, c’est seulement avec ces derniers que le gouvernement aurait « un problème ».

Pour le régler, d’aucuns l’accusent de faire l’amalgame et d’autres, d’employer les méthodes arbitraires de l’ancien régime, dont la torture. Sympathisant d’Ansar Al-Charia – considéré comme organisation terroriste en Tunisie – Khaled (le prénom a été changé) raconte qu’après s’être fait embarquer par la brigade anti-terroriste, il a reçu des coups, des décharges électriques et des menaces du viol :

« Au bout de six heures, ils m’ont demandé de signer une cinquantaine de pages. Quand j’ai demandé si je pouvais lire, j’ai reçu une claque. »

« Des cas isolés » pour les autorités, « une pratique répandue et généralisée » pour une représentante de Human Rights Watch. Abdelhamid Abdallah, membre du ministère des droits de l’Homme et de la justice transitionnelle, explique :

« Quand la situation est stable, tout le monde demande le respect des droits humains, mais dès qu’on lutte contre le terrorisme, on les oublie. »

Cette problématique ne suscite que très peu d’émoi dans la société tunisienne, traumatisée par les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi – deux figures de la gauche tunisienne – et le massacre de soldats dans la région de Kasserine (ouest du pays), imputés par les autorités à la mouvance salafiste.

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