L’économiste en chef de la Banque Mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) Caroline Freund a partagé aujourd’hui les résultats récents d’une étude sur la probabilité de réussite des pays qui expérimentent une transition démocratique, avec des indicateurs positifs pour la Tunisie.
Lors d’un séminaire organisé par la Banque Centrale de Tunisie, Caroline Freund a présenté la dernière mise à jour économique de la région MENA, Permettre les miracles de l’emploi, qui analyse la récente performance économique de la région avec un accent sur son plus grand défi politique: la création d’emplois.
Caroline Freund a dit à l’auditoire, composé d’universitaires, de membres du gouvernement et de représentants de la société civile, que le chômage des jeunes dans la région MENA est désormais supérieur à 25 pour cent et a besoin de mesures d’urgence.
En ce qui concerne les études récentes de la Banque Mondiale transitions démocratiques: les succès, les progrès et les échecs, C. Freund a montré que, lors de transitions rapides et durables, le renforcement de la croissance économique a moyen terme tend a faciliter les défis que rencontre le pays a court terme. Elle affirme que l’étude montre des preuves solides que l’égalité des genres, les ressources naturelles, les conflits, le gouvernement militaire, et l’urbanisation sont des facteurs qui influencent la probabilité de changement de régime et la stabilité de la démocratie à venir.
« Plus d’un tiers des pays qui ont commencé une transition démocratique pendant les 50 dernières années ont manqué la transition», a déclaré Caroline Freund. « Chaque transition est unique, mais nos résultats offrent un aperçu de ce que nous pouvons attendre des transitions en cours dans le Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En particulier, les perspectives de la Tunisie pour le succès semblent relativement favorables, car elle répond tout particulièrement à nombre de critères requis pour s’assurer une transition réussie, a savoir : faibles ressources naturelles, alphabétisation significative des femmes, et pas de participation de l’armée dans le gouvernement post-transition ».
Les résultats de l’étude suggèrent également que si la transition en Tunisie est durable, ce succès aura des conséquences positives pour le reste des régions du pays. Comme la Tunisie a initié la vague révolutionnaire qui s’est propagée a travers la région, une transition démocratique réussie est particulièrement importante dans ce pays de par l’exemple qu’elle constituera pour les autres pays de la région a ajouté C. Freund.
En parlant du défi du chômage régional, Caroline Freund a déclaré: «Lutter contre cela, l’un des défis de la région en matière de développement durable, est aujourd’hui plus urgent que jamais. » Elle espère que la mise à jour économique régionale et sa focalisation sur Permettre les miracles de l’emploi servirait de conseil pour les décideurs politiques confrontés au défi, en partageant les leçons mondiales.
Le rapport examine l’incidence et les déterminants de ce qu’il appelle «miracles» de l’emploi à travers le monde au cours des trois dernières décennies, définissant ces miracles comme des réductions importantes et durables en matière de chômage. Le rapport constate que, bien que de tels miracles sont moins fréquents dans la région MENA, ils se produisent de manière suffisamment encourageante ailleurs dans le monde et sont associées à de fortes baisses du chômage.
Ce qui pourrait être utile pour les pays du MENA dans une chasse aux miracles semblables est maintenant identifié. Les éléments clés comprennent de meilleurs cadres réglementaires, vu que la probabilité de lancer un miracle de l’emploi est nettement plus élevée pour les pays avec une bonne réglementation en place. Les leviers politiques cruciaux pour la création de possibilités d’emploi durables comprennent une gestion macroéconomique prudente, une saine réglementation des affaires et une bonne gouvernance.
Caroline Freund a également abordé l’historique de croissance pour la région MENA où le rapport prévoit un taux global de croissance pour 2012 à 4,8 pour cent, dépassant ainsi la croissance de 3 pour cent pour 2011, portée par une forte hausse de croissance des pays exportateurs de pétrole. Les perspectives macroéconomiques sont subordonnées aux développements politiques à la fois dans la région et au-delà. Il ya de nombreux risques reflétant les conditions différentes dans les différents pays de la région et comment ils vont réagir à des événements de l’économie mondiale. Les risques les plus importants touchent les pays importateurs de pétrole et intègrent les incertitudes liées aux transitions politiques, à l’évolution des prix du pétrole, aux vulnérabilités macro-économiques nationales et mondiales, aux tensions géopolitiques.
Les importateurs de pétrole, en particulier ceux qui se remettent de turbulences politiques, restent vulnérables à plus de risques, à une diminution des réserves de change et une difficulté croissante de financement des déficits courants et budgétaires. Les prix élevés du pétrole auront une incidence négative sur les importateurs de pétrole brut et ceux qui ont de forts liens avec l’Union européenne se sentiront l’impact de la faible croissance attendue dans la zone euro. Pourtant, les importateurs de pétrole liés à la Gulf Cooperation Council (GCC) bénéficieront d’une forte croissance dans le groupe de pays GCC à travers le commerce, l’investissement et les transferts de fonds.
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