Cette politique répond aux différents défis auxquels le pays est confronté, notamment la lutte contre le terrorisme, la sécurisation des frontières, la surveillance maritime, la lutte contre les réseaux criminels transnationaux et la stabilité de son environnement régional.
L’Algérie : un partenaire sécuritaire et militaire stratégique fondé sur la proximité et la confiance
Dans l’architecture sécuritaire tunisienne, l’Algérie occupe une place particulière en raison des liens historiques profonds entre les deux pays, de leur proximité géographique et des défis communs auxquels ils sont confrontés.
La coopération militaire tuniso-algérienne a été institutionnalisée dès les années 1980 avec la signature, à Tunis le 26 octobre 1983, d’une convention de coopération dans le domaine militaire. Cet accord, ratifié par la Tunisie en 1984, a constitué un cadre juridique destiné à renforcer les relations entre les deux institutions militaires, notamment à travers la coopération technique, l’échange d’expériences, la formation et la concertation sur les questions liées à la défense.
Cette convention ne constitue toutefois pas un pacte de défense mutuelle ni une alliance militaire. Elle ne prévoit pas d’engagement automatique d’intervention militaire en cas d’agression contre l’un des deux pays, mais s’inscrit dans une logique de coopération entre deux États voisins partageant des intérêts sécuritaires communs.
Après 2011, et face à la montée de la menace terroriste dans la région, cette coopération a connu un nouvel élan. Tunis et Alger ont renforcé leur coordination à travers l’échange de renseignements, la surveillance des zones frontalières, la lutte contre les groupes armés et la criminalité transfrontalière.
Les contacts réguliers entre les responsables militaires et sécuritaires des deux pays ont également permis d’assurer une meilleure coordination face aux évolutions régionales, notamment en Libye et dans l’espace sahélo-saharien.
La relation tuniso-algérienne demeure ainsi un partenariat sécuritaire fondé sur la confiance, la proximité et la défense d’intérêts communs, sans relever d’une logique d’alignement militaire ou d’appartenance à un bloc stratégique.
Les États-Unis : un partenariat stratégique renforcé

Les États-Unis figurent parmi les principaux partenaires militaires de la Tunisie. La coopération tuniso-américaine, développée depuis plusieurs décennies, a connu un tournant majeur en 2015, lorsque Washington a accordé à Tunis le statut de « partenaire majeur non membre de l’OTAN » (Major Non-NATO Ally).
Cette reconnaissance traduit l’importance stratégique accordée par les États-Unis au rôle de la Tunisie dans la stabilité de l’Afrique du Nord et dans la lutte contre le terrorisme. Elle permet de renforcer les programmes de coopération militaire, de faciliter certains accès aux équipements et formations et de développer les échanges d’expertise.
La coopération couvre plusieurs domaines : formation et entraînement des forces armées tunisiennes, renforcement des capacités opérationnelles, échange de renseignements, sécurisation des frontières, soutien logistique et modernisation de certains équipements militaires.
Cette relation repose également sur un dialogue régulier au plus haut niveau militaire. Le ministre tunisien de la Défense, Khaled Shili, entretient des contacts fréquents avec de hauts responsables militaires américains, notamment les responsables du Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM). Ces rencontres portent sur les défis sécuritaires régionaux, la lutte contre le terrorisme, la coopération militaire bilatérale et les moyens de renforcer les capacités de défense tunisiennes.
Le statut de partenaire majeur non membre de l’OTAN ne signifie toutefois pas une adhésion à l’Alliance atlantique et ne constitue pas une garantie automatique de défense américaine en cas d’agression. Il s’agit d’un cadre privilégié de coopération avec Washington.
La France : une coopération militaire historique
La France demeure un partenaire militaire traditionnel de la Tunisie, en raison des liens historiques entre les deux pays. Cette coopération s’est poursuivie après l’indépendance et s’est développée autour de plusieurs axes : formation des militaires tunisiens, échanges d’expertise, coopération dans les domaines naval et aérien, maintenance et accompagnement technique.
Paris et Tunis collaborent également sur les questions sécuritaires régionales, notamment la lutte contre le terrorisme et les défis liés à la stabilité de l’espace méditerranéen et sahélien.
L’Italie : un partenaire méditerranéen majeur
La proximité géographique fait de l’Italie un partenaire important de la Tunisie dans les domaines sécuritaire et militaire. Les deux pays coopèrent notamment dans la surveillance maritime, la sécurisation des frontières, la lutte contre les réseaux de trafic et la criminalité organisée.
Cette coopération revêt une importance particulière dans le contexte méditerranéen actuel, marqué par les défis liés aux flux migratoires irréguliers et à la nécessité d’un renforcement de la coordination entre les deux rives de la Méditerranée.
La Turquie : une coopération militaire en développement
La Tunisie a également développé une coopération militaire avec la Turquie à travers plusieurs accords portant sur la formation, l’échange d’expériences, la coopération technique et certains aspects liés aux équipements de défense.
Cette relation s’inscrit dans la volonté tunisienne de diversifier ses partenariats militaires et de bénéficier d’expertises provenant de différents horizons.
L’Allemagne et les pays arabes : soutien technique et coopération sécuritaire
La Tunisie entretient également une coopération sécuritaire avec l’Allemagne, notamment dans les domaines de la formation, du soutien technique, de la surveillance des frontières et du renforcement des capacités des forces de sécurité.
Par ailleurs, Tunis a développé des relations de coopération dans le domaine de la défense avec plusieurs pays arabes, notamment l’Arabie saoudite, dans le cadre d’accords portant sur l’échange d’expertise, la formation et la coopération militaire.
La Tunisie et l’OTAN : un partenariat sans adhésion
La relation entre la Tunisie et l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) relève du partenariat et non de l’adhésion.
La Tunisie participe depuis 1995 au Programme de partenariat pour la paix (PPP), un cadre destiné aux pays non membres de l’Alliance souhaitant coopérer avec l’OTAN dans plusieurs domaines : formation militaire, gestion des crises, lutte contre le terrorisme, réforme du secteur de la défense et amélioration de l’interopérabilité des forces.
La Tunisie n’est donc pas membre de l’OTAN et ne bénéficie pas des garanties de défense collective prévues par l’article 5 du traité de Washington.
La distinction accordée par les États-Unis en 2015 de « partenaire majeur non membre de l’OTAN » relève, quant à elle, d’une relation bilatérale avec Washington et ne signifie pas une intégration dans l’Alliance atlantique.
Une stratégie fondée sur l’équilibre et l’indépendance
À travers ses partenariats avec l’Algérie, les États-Unis, la France, l’Italie, la Turquie, l’Allemagne et plusieurs pays arabes, la Tunisie cherche à renforcer les capacités de ses forces armées et à répondre aux défis sécuritaires régionaux.
Cette politique repose sur un équilibre entre ouverture à la coopération internationale et préservation de la souveraineté nationale. La Tunisie entend tirer profit de l’expérience et du soutien de ses partenaires tout en maintenant son autonomie de décision et son refus de s’inscrire dans une logique d’alliances militaires contraignantes.
Ainsi, la doctrine tunisienne repose moins sur l’appartenance à un bloc que sur la construction d’un réseau de partenariats diversifiés, destiné à garantir la sécurité nationale et à contribuer à la stabilité de son environnement régional.
Avec IA

