
Plus de deux ans après la révolution, les Tunisiens se perdent encore en conjectures sur la conduite à tenir pour mener la barque Tunisie à bon port. Une barque qui a pris tellement d’eau que nombre d’observateurs avertis la voyaient déjà engloutie depuis un lustre dans les profondeurs abyssales.
Chaque jour qui passe, l’après-révolution nous apporte son lot d’incertitudes, de dérapages, mais aussi d’aberrations inimaginables. Si Ben Ali avait créé un peuple de lèche-bottes, d’hypocrites et autres cireurs de pompes de tous acabits, l’on est tentés de dire, sans risque de se tromper, que la révolution a enfanté un nombre considérable de rouspéteurs, de râleurs, de saboteurs, d’hypocrites et de profiteurs.
Mis à part l’indiscipline et l’incivisme qui gangrènent notre quotidien, l’on assiste depuis la révolution à une recrudescence dangereuse de certains syndicats qui, au nom d’une démocratie et d’une liberté qu’ils ont du mal à comprendre, foulent au pied les règles les plus élémentaires du syndicalisme.
Au lieu de se mettre durement au travail et tenter de sauver une économie à genoux, certains syndicalistes tunisiens poussent, chaque jour que Dieu fait, le bouchon un peu plus long, en organisant des grèves sauvages, des grèves de la faim et autres sit-in qui ne seraient que contre-productives tant la plupart de leurs revendications irréfléchies frisent le ridicule.
En cette Tunisie post-révolutionnaire, certains syndicats pullulent à hue et à dia, descendent dans la rue pour la moindre peccadille, et n’hésitent pas à prendre en otage le pays qui souffre déjà de cette anarchie. Une anarchie qui, non seulement a fait fuir les investisseurs étrangers, mais aussi achève de mettre à genoux définitivement certaines entreprises en difficulté.
D’ailleurs certains de ces syndicats qui ne connaissent par leurs limites gagneraient plus en crédibilité s’il soutenaient leurs propres « maisons » au lieu de se laisser aller à des revendications puériles, qui n’ont aucune chance d’aboutir, vu la conjoncture difficile que traverse le pays et qui risque de mettre à genou leurs entreprises.
Pire encore, certains de nos syndicalistes, au lieu de se « regrouper pour la défense ou la gestion d’intérêts communs », selon la définition même du terme syndicat, se muent en politiciens futés et sont manipulés dans les coulisses par des partis politiques sans vergogne dans le seul but de semer ou d’attiser une crise politique. Sans compter que certains de nos syndicats qui s’escriment à défendre l’indéfendable, à savoir des causes non seulement irréfléchies mais surtout perdues d’avance.
Vu que la menace de certains syndicats a repris depuis quelques jours, il est temps d’appeler les sages parmi les syndicalistes à réfléchir aux intérêts du pays pour sauver ce qui reste à sauver, après ces deux années de crise.
Ce qu’il faut savoir c’est que quel que soit le gouvernement, il n’est que passager et il cédera sa place après les prochaines élections. Mais si le pays qui est au bord de la faillite, coule entretemps, il nous emportera tous avec lui.A bon entendeur ….!
Hadj Omar D.
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