La Tunisie sollicite l’importation de déchets européens : Les explications du ministère de l’Environnement

Expliquant une étrange information que la Tunisie a souhaité importer des déchets européens, le ministère de l’Environnement a indiqué à la TAP avoir coordonné avec les parties concernées, à savoir le ministère du Commerce, le ministère de l’Industrie et l’Union tunisienne de l’Industrie et du Commerce, afin de déterminer les déchets qu’ils souhaitent importer et d’encadrer la procédure auprès de la Commission européenne.
Selon la TAP, La Tunisie a sollicité l’autorisation d’importer différentes catégories de déchets non dangereux, comprenant notamment des métaux, des plastiques recyclables, du caoutchouc, des fibres industrielles, du papier, du textile, ainsi que certains déchets céramiques et organiques issus de l’agroalimentaire.
Le ministère de l’Environnement a également tenu à préciser que l’importation de déchets dangereux, tels que définis par la législation nationale, reste interdite et ne peut se faire qu’avec l’accord du ministère du Commerce, après consultation des autres ministères concernés.
Selon Hamdi Chebâane, expert en gestion de déchets cité par la TAP, « la Tunisie a toujours importé des déchets de l’UE. La nouveauté est que cette dernière a renouvelé et durci ses lois dans le cadre de la transition écologique », explique-t-il.
Selon lui, le pays importe déjà certains déchets destinés au recyclage ou à la valorisation énergétique, notamment du papier et certains caoutchoucs. « L’Union européenne impose une demande officielle de l’État et une confirmation que les entreprises réceptrices soient capables de valoriser les déchets reçus et de les réintégrer dans l’économie », précise-t-il.
Chebâane rappelle enfin que la Tunisie exporte également certains déchets et débris de matériaux non ferreux vers l’Union européenne, dans un cadre réglementaire strict prévoyant garanties bancaires et conformité aux conventions internationales.
Quant à Samia Gharbi, experte en sciences de l’environnement, est catégorique : "Un pays qui ne maîtrise pas ses déchets ne devrait pas en importer. " Selon elle, la Tunisie éprouve déjà de grandes difficultés à gérer ses déchets municipaux et industriels, avec des décharges saturées et des déchets toxiques stockés sans traitement adapté, ce qui représente un risque majeur pour les nappes phréatiques, le sol et l’air. Comment, s’interroge-t-elle, dans ces conditions, peut-elle garantir une gestion rationnelle et écologique des déchets importés ?
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