
La démission de Lotfi Zitoun, ministre conseiller auprès du Chef du Gouvernement, est venue confirmer le climat de malaise et de division qui règne désormais au sein du mouvement Ennahdha.
Connu pour être proche de Rached Gannouchi, Zitoun a confirmé dans sa démission l’avis de l’aile durr du mouvement, qui estime que le but du remaniement est uniquement d’affaiblir la présence d’Ennahdha dans le gouvernement, au profit d’autres partis.
Ceux qui sont de cet avis au sein du parti islamique pensent que le Chef du Gouvernement Hamadi Jebali a trop cédé lors des pourparlers avec les autres partis, surtout au profit d’Ettakatol. Selon ces avis, Jebali, aurait donné une grande marge de manœuvre et d’intervention à Ettakatol, « qui n’a pas cessé d’imposer ses choix comme s’il avait la majorité ».
Convaincu qu’Ettakatol est soutenu par de nombreux partis tunisiens, par certains syndicats, ainsi que par des forces étrangères (européennes et françaises essentiellement), dans ses manœuvres de la redistribution de la carte politique en Tunisie, les « Nahdhaouis durs » auraient mis Jebali devant les faits et l’auraient appelé à choisir son camp.
Mis dans une situation très difficile, Jebali est certainement l’homme qui a le plus de responsabilité ou qui subit le plus de pression aujourd’hui en Tunisie. Mais la question qui se pose est de savoir s’il tiendra le coup et s’il arrivera à gérer ce semblant de chaos, ou s’il jettera lui aussi l’éponge.
Suite à cette tournure des événements, il semble donc que les jours, pour ne pas dire heures, de la Troïka sont désormais comptés, et que de nouvelles alliances pourraient être en train de se former dans les coulisses.
En attendant, on ne peut que supplier tous ces néophytes politiques qui ont conduit la Tunisie à ce gouffre à avoir pitié de notre pays.
Kais Ben Mrad
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