Dans une tribune publiée dans le quotidien la Presse, l’ambassadeur de France en Tunisie Olivier Poivre d’Arvor, souhaite aux Tunisiennes et Tunisiens « un très bon Aïd, en famille, entre amis, en Tunisie ».
Evoquant « la Muqaddima d’Ibn Khaldûn, l’historien musulman probablement le plus célèbre en Occident », il a retiré « deux remarques personnelles en cette veille d’Aïd.
La première est historique : tout comme le XIVe siècle méditerranéen que documente ce grand philosophe, ce que nous vivons depuis 2011 en Tunisie n’annoncerait-il pas une époque de transition importante dans l’histoire du Maghreb et peut-être de l’Islam en général? Peut-être la plus décisive depuis la décolonisation. La « dynamique » régionale, comme les questions aiguës, notamment sociétales et culturelles, qui se posent aux plus proches voisins de la Tunisie démocratique, pourraient en attester.
La seconde question est liée à la géographie et s’attaque au mythe du relativisme culturel, de la pensée unique et à l’idée que la norme, en toute chose, à commencer par la globalisation, serait occidentale ».
Aux côtés de « l’inépuisable » il cite d’autres « Tunisiens exemplaires comme le sont Abou El Kacem Chebbi, Moncef Bey, Farhat Hached, Habib Bourguiba, Tawhida Ben Cheikh et tant d’autres qui ont fait la réputation de ce territoire bien au-delà de ses frontières »….
Citant Saint Thomas d’Aquin, théologien catholique et penseur scolastique du XIIIe siècle «Il faut un minimum de bien-être (confort) pour pratiquer la vertu», il évoque les défis de la prochaine étape. « Les élections législatives et la présidentielle se tiendront à l’heure et de manière transparente. Assurer, avec pleine autorité, la sécurité et la protection des citoyens et des visiteurs de la Tunisie face aux menaces du terrorisme et de la criminalité. Parachever la transition démocratique, la construction politique et constitutionnelle, la décentralisation. Persévérer dans la lutte contre la corruption, la contrebande, l’économie grise et mafieuse ou les conflits d’intérêts et faire de l’Etat le garant d’une justice irréprochable. Porter au plus haut les valeurs d’égalité des genres et de respect des minorités. Faire vivre enfin l’héritage culturel d’une Tunisie millénaire et plurielle, ouverte au monde, et faire de son patrimoine un objet de fierté nationale comme d’attractivité internationale.
Permettre à tous de disposer d’un service public de qualité dans le domaine de l’éducation, de la santé, du transport. Encourager toutes les initiatives et entreprises dédiées aux ressources de la terre tunisienne, qu’il s’agisse des produits de l’agriculture, du phosphate, de toutes les composantes qui peuvent assurer l’indépendance énergétique du pays. Valoriser sur place des ressources humaines exceptionnelles qui, faute de perspectives suffisantes, quittent le pays. Offrir, tout simplement, des perspectives à ceux qui veulent travailler ou entreprendre, je pense naturellement à la jeunesse qui étudie et aux familles qui se battent pour qu’elle ait, cette jeunesse, une vie digne et épanouie ».
https://lapresse.tn/10428/tribune-la-tunisie-la-vertu-et-le-bien-etre/
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