
Ils ont enfin bougé, ça y est ! Nos élus démocrates, apôtres de la justice et de la dignité ont retroussé les manches pour aller dénoncer l’arrestation abusive du Pasdaran de la révolution Imed Dghij.
C’est vrai qu’ils avaient honte de leur silence face à chevrotine de Siliana qui a fauché des dizaines de jeunes désœuvrés et qu’ils trainaient la casserole d’une complaisance équivoque avec les milices des événements du 9 Avril.
Même l’agression publique de l’éminent professeur de médecine devant le ministère de la Santé n’a pas sensibilisé la meute des nouveaux justiciers qui se sont précipités au bureau du ministre de l’Intérieur pour clamer leur soutien indéfectible à un présumé coupable.
L’intégrité de nos élus est désormais mise à mal et l’autorité de l’Etat est à genoux à cause de l’interventionnisme et le lobbying de certains politiciens pour libérer un citoyen qu’on croyait ordinaire pris en flagrant délit d’incitation à la haine et à la violence.
C’est désormais le sacre de la médiocrité et aujourd’hui, on est en droit de s’interroger sur la capacité de la Tunisie à rester debout et à réussir cette transition démocratique avec ces politiciens complices de l’ignorance, pourvoyeurs de mercenaires et fervents défenseurs des milices de la terreur.
Cette caste politique s’est révélée sous son vrai visage. Aigrie, usurpatrice, ingrate et animée d’une volonté criarde d’abrutir le peuple et d’anéantir l’autorité de l’Etat. Plus prompts à l’endoctrinement idéologique et au populisme nauséabond qu’à l’action, ces politiciens d’un autre âge tentent de camoufler leur fiasco économique et social par de la manipulation politicienne et leur faillite intellectuelle par un détournement et un kidnapping des valeurs républicaines.
Dans ce contexte de construction démocratique avec son lot de terrorisme et de violence, la Tunisie post-révolution traverse l’un des pires moments de son histoire car sur fond d’ambition dévorante de régner, certains partis politiques, à défaut d’arguments, de débat d’idées et de projet sociétal, légitiment la violence, justifient les milices et prônent l’abrutissement.
Des partis politiques qui n’hésitent pas à théoriser le recours à ces milices privées pour en faire les dépositaires du nouvel ordre moral et le bras armé qu’ils utilisent pour intimider leurs adversaires et faire régner la terreur et la barbarie.
Se substituant à l’ETAT et agissant à visage découvert, ces seigneurs de la terreur ont longtemps sévi sous la protection des dignitaires de la troika et ont bénéficié d’une impunité insolente. Au service de leurs bienfaiteurs qui savaient les récompenser, ils se croyaient au dessus des lois et se sentaient investis de pouvoirs constitutionnellement réservés à la police régulière.
Reçus avec tous les honneurs dans les salons feutrés de la république et chaperonnés par le clan du Président et les ayatollahs de Montplaisir, les nouveaux pasdarans sont la base arrière de ces partis et un réservoir de voix pour les prochaines élections.
L’Etat de droit est menacé par ces intrus, les institutions sont ballottées par l’interventionnisme obscène de certains politiciens et la suprématie de la loi est mise à mal avec la complaisance et la permissivité de cette nouvelle apologie de la haine et de la violence.
Jalel JEDDI
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