Rarement les Tunisiens n’auront vécu une journée comme celle d’hier. En ce mercredi 1er mars, nos compatriotes ont vécu une série d’événements tristes et scandaleux qui feraient mourir de honte le plus patriote d’entre nous.
Des jeunes d’un quartier limitrophe du zoo du Belvédère qui tuent à coups de pierres un crocodile en captivité, un match de foot houleux entre le CSS et ESS qui tourne au jet de projectiles et aux gestes grossiers, une maman qui balafre son nourrisson à Kairouan pour le soigner selon la coutume des saignées, des avions de Tunisair immobilisés à terre à cause d’un faux problème d’uniforme entre pilotes et techniciens…Telle est la pléthore d’événements tristes vécus par les Tunisiens mercredi 1er mars.
Et c’est naturellement que les réactions pleuvent chez les internautes (anonymes et connus du public), aussi bien au niveau local qu’international. Parmi ces réactions, l’on cite pêle-mêle quelques personnalités connues du monde médiatique et artistique:
-Le directeur général de Sygma Conseil Hassen Zarghouni:
« Voilà le bilan d’une journée ordinaire dans un pays ordinaire dont le peuple s’insulte mutuellement à tout bout de champ, qui se croit malin, avec surenchère moralisante, une population représentant moins de 0.15% de la planète et qui produit moins de 0.05% de sa valeur ajoutée par an. Un formatage bas niveau s’impose, de gré ou de force. »
-La journaliste Myriam Belkadhi:
« De ma vie de Tunisienne , je n’ai jamais senti le dégoût et la honte que je ressens aujourd’hui. Après le massacre du crocodile au zoo du Belvédère, et dont toute la presse internationale parle, et ce qui s’est passé cette après-midi lors du match CSS-ESS, et les propos du président du CSS entendus ce soir sur la télé nationale , je suis atterrée.
La sauvagerie sous toutes ses formes et perte absolue des valeurs.
Si ça ne tenait qu’à moi, j’arrêterais ce football de la honte, ce football des égouts, ce football crasseux, ce football malsain, immonde, répugnant …on touche carrément le fond là »
-Le critique cinéaste Abdelkarim Gabbous:
« Doit-on en rire ou en pleurer ses larmes de crocodile. Tollé autour de l’abattage du crocodile caillassé par de grosses pierres etc…Il a raison ce coopérant qui avait écrit à sa femme: « La Tunisie est un beau pays, mais on y bouffe les femmes et on copule les casse-croûtes »…
Décidément, à l’intérieur de chaque Tunisien sommeille un animal …le lacrymogène croco le fait réveiller chaque jour. »
-La journaliste Amel Djaït:
« Le crocodile est sur The Guardian…#image #notoriété #tourism …La honte oui! Et ici, peur de cette autre Tunisie et de cette violence qu’on ne finit pas de découvrir! Ce n’est ni avec le laxisme ni la faillite qu’on va faire avancer ce pays! »
-Le journaliste Mourad Zghidi:
« Moncef Khmékhem (president du Css) entre dans l’histoire du football tunisien par la porte de derrière.. avec les doigts… L’égout dans lequel se trouve le football tunisien pue tous les jours un peu plus…Je précise que TOUS les dirigeants de clubs (dont CA/ESS/EST) sont aussi inconscients et profondément malades. Vous avez compris, mes amis, pourquoi j’ai décidé de prendre du recul médiatique par rapport au football tunisien. »
-La journaliste Aida Arab :
« Massacrer un crocodile ou les déclarations honteuses de Moncef Khmekhem ne sont pas les pires « réalisations » du Tunisien. Il y a eu pire et il y en aura encore!
Des petites filles et des jeunes garçons violés, sodomisés puis tués…Des pères et des mères violentés ou tués par leurs propres progénitures…des pères qui violent leurs propres filles…des attentats terroristes…des meurtres horribles…des hommes égorgés comme des bêtes…des petites filles vendues par leurs géniteurs…un pays pillé et violé par tous…des clashs sur des plateaux de télévision d’une incroyable violence et bassesse d’esprit et de langage…des feuilletons en plein ramadan (rappelez-vous), où l’agressivité verbale et physique atteint le summum et montre la voie…Et la liste est aussi longue que variée!
La violence appelle la violence et plus on en tolère, plus elle est banalisée et plus elle va crescendo! Pour ma part, tous les jours je ressens du dégoût et de la honte et le foot n’en est pas l’unique cause.Tout ou presque dans notre quotidien suscite le dégoût et la honte! »
-La sportive Hajer Driss:
« C’est la mort lente du sport tunisien ».
En définitive, toutes ces réactions objectives réjoignent une triste réalité que les Tunisiens ne cessent de vivre. A savoir l’impunité totale qui règne dans nos murs, accompagnée du manque d’autorité d’un Etat qui observe la maison Tunisie en feu sans réagir. Au-delà de tous ces cas vécus durant le 1 er mars et qui témoignent d’une passivité déconcertante de nos gouvernants, il y a un exemple encore plus édifiant de cette démission: le calvaire que vit Petrofac. Des poussières d’individus qui défient l’autorité de l’Etat depuis des mois et des mois et des mois. A quand la fin de cette horrible hémorragie?
Discussion about this post