Par Brahim OUESLATI
L’enseignement français poursuit sa progression en Tunisie. Année après année, le réseau des établissements homologués s’étend, les effectifs augmentent et un nombre croissant de familles choisissent cette filière, séduites par une pédagogie différente, un enseignement plurilingue et un diplôme reconnu à l’international. Cette dynamique s’est encore renforcée avec l’homologation de deux nouveaux établissements et l’extension de deux autres jusqu’à la Terminale, confirmant la place de la Tunisie parmi les principaux pôles de l’enseignement français en Afrique.
Les résultats du baccalauréat 2026 confortent cet engouement. Le taux de réussite atteint 99,04 % dans les établissements français homologués en Tunisie, contre 85,5 % à l’issue du premier groupe d’épreuves en France. À titre de comparaison, le baccalauréat tunisien affiche un taux de réussite de 35,67 % à la session principale. Cette comparaison reste toutefois à nuancer, les deux systèmes reposant sur des modalités d’évaluation différentes : le baccalauréat français combine contrôle continu et épreuves terminales, tandis que le baccalauréat tunisien repose exclusivement sur un examen national réputé particulièrement sélectif.
Cette différence ne remet pas en cause la valeur du diplôme tunisien, reconnu dans de nombreux pays. Chaque année, plus de 200 bacheliers tunisiens bénéficient de bourses d’excellence leur permettant de poursuivre leurs études dans de grandes écoles et universités en France, en Allemagne, au Japon, au Canada, en Italie ou dans d’autres pays partenaires. Si le baccalauréat français facilite la mobilité internationale grâce à son appartenance à un vaste réseau éducatif, le baccalauréat tunisien demeure lui aussi un véritable passeport vers l’excellence pour les élèves les plus méritants.
Le développement du réseau français se poursuit. Un arrêté publié au Journal officiel de la République française a homologué deux nouveaux établissements : Marthe-Gautier, à El Kantaoui (Sousse), et la Cité scolaire de Gabès, pour le cycle primaire. À la rentrée 2026, la Tunisie comptera ainsi 35 établissements homologués.
Parallèlement, le Collège Jean-Racine, aux Jardins d’El Menzah, et Louis-Pasteur Gammarth, à La Marsa, proposeront désormais un cursus complet jusqu’à la Terminale. Le nombre d’établissements préparant au baccalauréat français passera ainsi de douze à quatorze. À la rentrée 2025, le réseau accueillait déjà 19.650 élèves, dont 1.556 en Terminale, témoignant de l’intérêt croissant des familles tunisiennes pour cette filière.
Ces établissements participent également à la diffusion de la langue française et d’un patrimoine culturel commun entre la Tunisie et la France. Leurs appellations rendent hommage à des figures majeures de la littérature, des sciences ou de la pensée françaises, à l’image de René Descartes, Victor Hugo, Jean Racine, George Sand, Louis Pasteur ou encore Marthe Gautier.
Le fonctionnement du réseau repose sur une coopération ancienne entre les deux pays. Le ministère tunisien de l’Éducation autorise l’ouverture des établissements et veille au respect de la réglementation nationale. L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) assure pour sa part l’accompagnement pédagogique, administratif et financier, la formation des enseignants et le maintien des critères d’homologation permettant de préparer le diplôme national français.
Les performances enregistrées en 2026 illustrent la réputation d’excellence de ce réseau. Outre un taux de réussite de 99,04 %, près de huit candidats sur dix obtiennent une mention. Plus d’un quart décrochent une mention Bien, plus d’un cinquième une mention Très Bien et 3,60 % des admis reçoivent les félicitations du jury.
Le baccalauréat français séduit également par les perspectives qu’il offre. Reconnu par la plupart des systèmes universitaires, il permet d’accéder directement à l’enseignement supérieur en France via Parcoursup, mais aussi dans de nombreux autres pays. Les titulaires peuvent également intégrer les universités tunisiennes grâce à une procédure spécifique réservée aux détenteurs du « Bac Mission », notamment dans les filières de médecine, pharmacie, architecture ou à l’IPEST.
Au-delà de ces résultats, l’essor de cette filière alimente un débat plus large sur le choix d’un modèle éducatif, son accessibilité et son coût pour les familles tunisiennes. Les différences entre les systèmes français et tunisien, la reconnaissance internationale des deux diplômes, les frais de scolarité ou encore les nouvelles conditions d’accès aux universités étrangères constituent désormais des enjeux majeurs.
Entre ambition éducative, mobilité internationale et promotion de la francophonie, l’enseignement français poursuit ainsi son développement en Tunisie tout en suscitant des interrogations sur son évolution et son accessibilité.
B.O

